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Il y a 50 ans ... 1970 !


Collectif, le 23/07/2020

Les chiffres ronds, hautement symboliques, invitent à regarder dans le rétroviseur. Pas de rock en 1920, donc pas de centenaire. Par contre, il y a cinquante ans, l’année 1970 avait été très riche et productive : une profusion qui témoignait d’un style musical en plein essor, mais aussi, en pleine évolution. D’une part, Woodstock avait marqué à la fois l’apogée et le début du déclin de la musique associée aux années 1960 (psychédélisme en tête), d’autant plus que Jimi Hendrix meurt le 18 septembre 1970. D’autre part, les Beatles mettent fin à leur carrière avec Let It Be. Parallèlement, deux nouveaux genres issus de la toute fin des années 1960 commencent à exploser : le hard-rock et le rock progressif. Cette année-là, il se passe donc, au-delà de ces éléments symboliques, quelque chose d’important pour le rock. 

 

Attention, il n’y a point de rupture qui ne contienne de la continuité. Un tournant certes, mais nuançons tout de suite en signalant que les groupes investis dans le blues rock ou le psychédélisme se portent encore bien. Les animateurs de Woodstock sont en forme : Mountain, Ten Years After, Creedence, Crosby Still Nash & Young … Ils sortent tous des albums d’une qualité indéniable, dont la plupart est devenue culte. D’ailleurs, aux Etats-Unis, le goût pour les guitares plus puissantes se mêle aux restes du psychédélisme et du blues-rock chez Josefus ou Grand Funk Railroad. L’esprit hippie est toujours présent des deux côtés de l’Atlantique, mais il connaît des évolutions. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’intérêt pour le folklore anglais qui touche avec force de nouveaux musiciens : la perfide Albion voit naître tout un ensemble de groupes dans cette veine, dans les pas de Fairport Convention, comme Lindisfarne, Pentangle ou Trees. 

 

Néanmoins, c’est bien du côté des nouvelles dynamiques du rock que l’année 1970 marque un enrichissement esthétique. Le rock progressif d’abord, qui commence à devenir réellement important. Les Moody Blues ou Procol Harum, qui sortent chacun un album dans l’année, sont dépassés après avoir été à l’avant-garde. L’orientation jazz est toujours prépondérante, du jazz-fusion US (The Flock, Rare Earth) à l’Ecole de Canterbury (Caravan, Egg) en passant par Lizard de King Crimson. La dimension expérimentale devient prégnante, avec les succès du premier Magma ou de Third (Soft Machine). Les groupes qualifiés de symphoniques prennent également leur envol, de façon plus ou moins élégante : Yes utilise des orchestrations douteuses, Genesis abandonnent la pop 60’s, Curved Air déploie le violon électrique, The Nice poursuit ses explorations classiques qui seront sublimées par ELP - encore timoré sur son premier album, Gentle Giant et Van der Graaf Generator bousculent toutes les conventions. Plus délirants, Franck Zappa et son filleul Alice Cooper n’ont plus de limites. 

 

Niveau hard-rock maintenant, c’est l’entrée en force de Deep Purple dans cette catégorie avec In Rock. Le Mark II (formation classique du groupe) signifie l’abandon des élans psychédéliques, alors que Warhorse est lancé par Simper. Dans ses pas, Quatermass ou Uriah Heep font vivre le mariage des claviers emphatiques avec les guitares saturées. De leur côté, Black Sabbath pousse le côté heavy dans ses plus profonds retranchements (pour l’époque), et Wishbone Ash associe blues et virtuosité. Dans le Michigan, c’est le punk-rock qui est préfiguré par les Stooges ou MC5. 

 

La richesse de l’année 1970 s’illustre parfaitement avec la liste des groupes qui sortent leur premier album : Gong, Bloodrock, Uriah Heep, Hawkwind, Supertramp … Pour certains, c’est même les deux premières productions qui sont publiées coup sur coup : citons ici Black Sabbath et Atomic Rooster. 

 

Cela nous rappelle que, certes, les disques étaient beaucoup plus courts à l’époque (de 30 à 40 minutes en moyenne), mais les formations avaient une production effrénée (pour des raisons contractuelles parfois, il faut bien le dire) sans pour autant négliger la qualité. Ainsi, Free, Creedence Clearwater Revival, Van der Graaf Generator, The Guess Who, Family, T.Rex, Grateful Dead, King Crimson : ils sortent tous deux albums en 1970. 

 

Dans cette abondance, la mémoire collective a retenu des chefs-d’œuvre intemporels : Paranoid, Atom Heart Mother, Led Zeppelin III, Cosmo’s factory et bien d’autres encore. Mais à côté, des pépites obscures méritent d’être (re)découvertes : l’éclectique Titus Groan, les robustes et heavy Rumplestiltskin ou Sir Lord Baltimore, les Français de Triangle …

 

Le projet de ce dossier collectif est de vous proposer une sélection de chroniques qui portent sur les albums sortis cette année-là. Il s’étoffera au cours de l’année avec de nouvelles publications revenant sur les opus les plus cultes mais également sur les étrangetés les plus improbables. Une anthologie commentée qui, nous l’espérons, permettra de bonnes découvertes et des souvenirs, autour d’une année excessivement opulente. 

 

François

 

Janvier

The Guess Who - American Woman

 

Février

Black Sabbath - Black Sabbath

The Move - Shazam

The Doors - Morrison Hotel

Atomic Rooster - Atomic Roooster

Van Der Graaf Generator - The Least We Can Do Is Wave To Each Over

 

Mars

Sugarloaf - Sugarloaf

Alice Cooper - Easy Action

Mountain - Climbing!

Black Widow - Sacrifice

Bloodrock - Bloodrock

Aardvark - Aardvark

 

Avril

Jethro Tull - Benefit

Ten Years After - Cricklewood Green

 

Mai

Rumplestiltskin - Rumplestiltskin

The Who - Live at Leeds

The Beatles - Let It Be

Trapeze - Trapeze

 

Juin

Free - Fire and Water

Josefus - Dead Man

Soft Machine - Third

The Nice - Five Bridges

Peter Green- The End of the Game

Uriah Heep - Very 'Eavy ... Very 'Umble

Power of Zeus - The Gospel According to Zeus

Grand Funk Railroad - Closer to Home

Stray - Stray

Deep Purple - In Rock

 

Juillet 

Creedence Clearwater Revival - Cosmo's Factory

The Stooges - Fun House

Yes - Time and a Word

 

Aout

Hawkwind - Hawkwind

Horse - Horse

Perry Leopold - Experiment in Metaphysics

 

Septembre

The Allman Brothers Band - Idlewild South

Black Sabbath - Paranoid

Focus - In and Out of Focus

Atomic Rooster - Death Walks Behind You

Caravan - If I could do it all over again I'd do it all over you

 

Octobre

Led Zeppelin - Led Zeppelin III

The Pink Floyd - Atom Heart Mother

UFO - UFO 1 

Status Quo - Ma Kelly's Greasy Spoon

 

Novembre

Josefus - Josefus

Warhorse - Warhorse

Titus Groan - Titus Groan

Grateful Dead - American Beauty

Badfinger - No Dice

Emerson Lake & Palmer - Emerson Lake & Palmer 

Spirit - Twelve Dreams of Dr. Sardonicus

Trapeze - Medusa

Gentle Giant - Gentle Giant

Beggars Opera - Act One

Curved Air - Air Conditionning

Lucifer's Friend - Lucifer's Friend

Patto - Patto

 

Décembre

Creedence Clearwater Revival - Pendulum

Wishbone Ash- Wishbone Ash

Ten Years After - Watt

King Crimson - Lizard

Free - Highway

Sir Lord Baltimore - Kingdom Come

Van der Graaf Generator - H to He, Who Am the Only One

Commentaires
Daniel, le 25/09/2020 à 13:01
Merci pour ce Cadeau !
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Album de la semaine

Deftones


Ohms


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2000. Après deux albums beaucoup plus bruts de décoffrage, Deftones sort son magnum opus, White Pony, considéré par beaucoup comme l’un des sommets indépassables de ce curieux courant musical aujourd’hui moribond qu’est (que fut ?) le nü métal, fruit de cette improbable alchimie entre les guitares ultra-distordues à la Meshuggah qu’affectionne Stephen Carpenter et la new wave des The Cure, Duran Duran et autres Bad Brain dont raffole Chino Moreno, lequel met dès lors un point d’honneur à tempérer ses hurlements par des phases chantées en apesanteur. Cette union des contraires permet au gang de Sacramento de survivre dignement alors que les Korn, Limp Bizkit, Incubus et autres Linkin Park mordent successivement la poussière, de gré ou de force. Vingt ans plus tard, que reste-t-il de la verve deftonienne, de cet entre-deux si saisissant, de cette bouillonnante association de talents ? Eh bien force est de constater que la machine infernale californienne fonctionne du feu de Dieu, et ce ne sont ni le précédent Gore, ni l’actuel Ohms qui viendront démentir cette affirmation, bien au contraire.

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