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Critique d'album

All Them Witches


Sleeping Through The War


(24/02/2017 - New West Records - Blues, stoner, psyché - Genre : Rock)
Produit par Dave Cobb

1- Bulls / 2- Don't Bring Me Coffee / 3- Bruce Lee / 4- 3-5-7 / 5- Am I Going Up? / 6- Alabaster / 7- Cowboy Kirk / 8- Internet
Note de 5/5
Vous aussi, notez cet album ! (15 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 4.0/5 pour cet album
"Apparition lumineuse"
Julien, le 24/03/2026
( mots)

En trois albums publiés, All Them Witches a posé une véritable déclaration identitaire, définissant ses propres contours du stoner en irriguant le style d'un blues crépusculaire et de quelques sortilèges psychédéliques. Le quatuor de Nashville aurait pu se reposer sur ses acquis tant sa singularité sonore lui est propre et le talent technique de ses membres suffisant pour alimenter des compositions élégantes. Mais voilà, le surplace n'est pas au programme : pour ce quatrième opus, le groupe choisit de s'émanciper de ses précédentes publications. Il s'agit d'exposer leur identité musicale à d'autres ambiances que les teintes hantées de Lightning At The Door ou le ciel nocturne de Dying Surfer Meets His Maker.


Il n'y aura d'ailleurs que "3-5-7" pour évoquer les sonorités passées, avec cette montée en tension mise en abyme par un riff de basse qui, peu à peu, vient embraser l'ensemble des instruments dans une communion blues-psychédélique. Pour le reste, Sleeping Through The War ouvre les vannes d'une lumière nouvelle, portée par des sonorités qui, à l'image de la pochette, renvoient irrémédiablement l'inconscient vers le faste de l'époque seventies.
Chargé d'ouvrir l'album, le magnifique "Bulls" brille par sa sérénité dès les premières notes. La guitare aérienne et le chant apaisé de Charles Michael Parks Jr. sont ici soutenus par de superbes chœurs féminins. Jamais le groupe n'avait évolué dans une telle clarté ; une impression de liberté solaire assez incroyable. Cette chaleur vire pourtant à la canicule avec les ambiances désertiques de "Am I Going Up?", dont le riff charismatique se déroule durant six minutes pour nous confronter à la régularité d'un paysage écrasé par la lourdeur mais qui n'en demeure pas moins ensorcelant. On y retrouve d'ailleurs cet épuisement fascinant dans le chant désinvolte de Parks. Ce paysage aride est celui sur lequel on croise, un peu plus loin, l’un de ses habitants avec "Cowboy Kirk", titre qui s’avère finalement être la seule ombre de ce quatrième opus, tant sa structure linéaire et son riff un peu sec peinent à s'élever au niveau de la ferveur mystique du reste du disque. À l'inverse, un titre comme "Bruce Lee", avec son côté plus fiévreux, réexpose All Them Witches à une spontanéité qu'on leur connaissait sur leur tout premier album, offrant une parenthèse punk-blues aussi nerveuse qu'inattendue.
Mais la véritable mutation, cette nouveauté qui imprègne plus largement l'ADN de l'album, atteint son paroxysme le temps de deux titres exceptionnels. Sur "Alabaster", le groupe semble invoquer des divinités anciennes : le morceau s'étire dans une lenteur cérémonielle où les chœurs féminins transforment le stoner en un gospel occulte, à la fois menaçant et grandiose. C'est ensuite "Internet" qui vient achever cette mue. Véritable odyssée de près de dix minutes, le titre déploie une transe répétitive et lancinante, une sorte de jam infinie où le psychédélisme ne sert plus à s'évader, mais à s'enfoncer toujours plus profondément dans la magie déployer par le quartet américain. À travers ces deux pièces maîtresses, All Them Witches prouve qu'il ne s'est pas contenté de changer de décor, mais qu'il a appris à dompter de nouveaux territoires sonores.


Plus qu’une simple évolution de style, cet opus agit comme une confirmation éclatante : All Them Witches est définitivement bien trop grand pour n'appartenir qu'à l'étroite case du stoner. En ouvrant grand les fenêtres pour laisser entrer une lumière inédite, le groupe s'est réapproprié un héritage seventies ; non pas comme un simple hommage nostalgique, mais comme un terreau fertile pour leur propre mysticisme.
C’est précisément dans la construction d'un titre comme "Internet" que les Américains s'ouvrent sur l'avenir. Sa longueur agissant comme la conquête d'une nouvelle liberté ; elle permet au groupe de s'abandonner encore d'avantage à l'exploration des zones de transe pure. Cette capacité à laisser le temps s'étirer et la musique respirer sera déterminante pour la suite de leur carrière, faisant de Sleeping Through the War le pivot indispensable d'une discographie résolument sans limites. Malgré les quelques irrégularités d'un "Cowboy Kirk", le quatuor de Nashville livre ici son œuvre la plus audacieuse, imposant définitivement ses auteurs parmi les compositeurs les plus passionnants de leur époque.


 


A écouter : "Alabaster" ; "Bulls" ; "Internet" ; "Am I Going Up?" 

Avis de première écoute
Note de 4.5/5
Le blues psychédélique d'All Them Witches à son apogée, transcendant ses guitares réverbérées et ses incantations chamaniques au gré d'un disque à l'aura magnétique, mystique, magnifique. A sa science des expérimentations sonores excentriques, le quatuor de Nashville y joint ses qualités de musiciens appliqués pour un jam halluciné, exalté, enivré. Fascinant.
Commentaires
Pierro , le 16/04/2024 à 16:15
Première écoute déroutante. Puis on retrouve TOUTES les influences de ma jeunesse. Et comme à l'époque : un très bon groupe se découvre un peu plus à chaque nouvelle écoute.
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Coup de coeur
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