
HamaSaari
Pictures
Produit par
1- Below the Lightnings / 2- The Wild Ones / 3- Our Heads Spinning / 4- Lost in Nights / 5- Frames / 6- Under the Trees / 7- Home


Les groupes qui gravitent autour de la klonosphère, véritable pépinière de talents issus de notre scène hexagonale, sont régulièrement mis à l’honneur dans les pages de notre webzine. Une tradition qui n’est pas prête de s’arrêter alors que le nouveau cru 2026 semble particulièrement prometteur, à l’image du groupe HamaSaari, contraction d' "Hämärä saari" qui signifie "île du crépuscule" en finnois. Un nom à l'imagerie poétique qui introduit parfaitement le cadrage esthétique de ce second album nommé Pictures inspiré par les mythes et légendes de civilisations anciennes qui nourrissent nos rêves, nos croyances et nos représentations de la réalité.
Après des débuts plus marqués par les sonorités métalliques, le groupe originaire du Mans et de Nantes s’est attelé à la composition d'un rock atmosphérique marqué par l'entrecroisement des sonorités acoustiques et électriques et oscillant entre déflagrations lumineuses et mélancolie poignante. Cette tension duale est palpable dès le titre introductif "Below the Lightnings" doté d'un refrain accrocheur et galvanisant ainsi que d'un très beau pont aérien. Même jeu sur les contrastes avec la puissance du riff central de "Wild Ones", entrecoupé de passages instrumentaux en apesanteur de toute beauté. Si les influences sont palpables d’entrée de jeu, évoquant le meilleur de la scène New prog, le groupe parvient à se façonner une identité propre grâce à la signature vocale de son chanteur.
La richesse de la palette vocale de Jordan Jupin et l'usage fréquent de chœurs et de vocalises perchées dans les hauteurs contribuent en effet à véhiculer des émotions brutes et palpables. Difficile de ne pas être saisi par l'amplitude et l’intensité du chanteur qui confère au titre "Lost In the Nights" des atours particulièrement poignants et dramatiques tandis que la beauté dépouillée de la ritournelle acoustique "Under The Trees" nous apaise pour nous offrir un moment de répit mémorable. L'entrecroisement des lignes de chant avec celles de Christelle Ratri sur le refrain irradiant de "Frames" confère également un supplément d'âme à la charge émotionnelle déjà très puissante de ce second opus. Plus mature dans son écriture, le groupe offre une belle profondeur d'écoute avec des constructions en montagnes russes qui révèlent des facettes insoupçonnées, qu'il s'agisse du crescendo dévastateur de "Our Heads Spinning" jusqu’à ce riffing tout en dissonance métallique et son final hurlé ou de l'intensité épique et progressive du conclusif "Home" reposant sur une section rythmique dantesque.
Les Français réussissent en ce début d’année 2026 un véritable tour de force avec un album captivant qui les propulse sur le devant de la scène hexagonale. Leur présence en tournée aux côtés des vétérans de Gazpacho, groupe modèle s’il en est tant leur discographie est irréprochable, est un signe de plus de l’excellence atteinte par la formation au travers de ce second opus.
















