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Critique d'album

Villagers of Ioannina City


Venceremos


(18/09/2026 - - Stoner Prog Folklorique - Genre : Hard / Métal)
Produit par

Note de 4.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Hasta la Victoria Siempre"
François, le 08/10/2026
( mots)

Il est possible que dans les mises à jour futures des 1000 albums rock essentiels et autres anthologies finement composées par les milieux autorisés, finisse par figurer Age of Aquarius de Villagers of Ioannina City. Car en 2019, les Grecs avaient non seulement accouché d’un deuxième album exceptionnel, mais encore d’un chef-d’œuvre qui n’avait laissé indifférent aucun auditeur immédiatement ébloui par la découverte d’un opus qui mêlait stoner, Metal progressif et surtout, influences traditionnelles helléniques merveilleusement assimilées à travers certains traits de composition et l’usage d’instruments à vent (clarinette, cornemuse - gaïda, kaval). L’opus était hautement singulier, mais il était en même temps aussi irrésistible qu’une évidence.


Pour ne rien gâcher, la pochette était un sublime écrin parfaitement adapté à l’univers du combo, un point sur lequel Venceremos pourrait laisser plus perplexe… Quand bien même, cela ne vint certainement pas gâcher l’annonce d’un troisième album tant attendu, trop attendu puisque la date de sortie est restée longtemps dans le secret des membres de cette Hétairie rock, au point de nous faire désespérer d’entendre un jour cette nouvelle production.


Puis vint le premier single, le très bon "Ghosts in the Sky", avec lequel Villagers of Ioannina City signe son entrée dans le registre épique du Power Metal, sans négliger les touches traditionnelles (chœurs, cornemuse) et en faisant un usage heureux des sons électroniques. La réussite est totale mais elle pourra désarçonner le public venu du stoner, d’autant plus que l’album confirme par la suite cette orientation metallique : elle est d’une lourdeur (souvent un peu trop) massive sur "The Ruiner" (qui est un titre assez faible) et prend des atours plus modernes sur "No fear" (également moins convaincant). Elle permet surtout d’obtenir un tube avec "Venceremos" qui, tout en s’inscrivant dans la lignée d’un Volbeat jusque dans le chant, dévoile un refrain accrocheur et des lignes instrumentales imparables. Ici le groupe rend hommage à l’hymne chilien de la coalition ayant porté Salvador Allende au pouvoir en 1970 avant de devenir un protest song internationalement partagé – ce qui explique aussi les couleurs du drapeau en couverture.


Les amateurs de stoner se retrouveront sûrement dans les arpèges et dans la répétitivité du long "Here and now", durant l’introduction duquel les cornemuses sont bien mises en avant, mais même là, le passage vers le riff principal engage le titre dans une esthétique purement Heavy Metal.


Or, Villagers of Ioannina City ne se limite pas à cette audacieuse évolution stylistique : il commence son album par un titre ambitieusement progressif, "Home", qui rappellera immédiatement Tool période Fear Inoculum (et au premier chef "Pneuma"). Cette orientation progressive conclut l’album sur le couplet "Epitaph" / "Requiem", le premier titre servant d’introduction instrumentale (et d’affirmation de l’identité grecque par la place accordée aux vents) au sommet de l’opus dont l’intensité lancinante n’a d’égale que le chorus de guitare terrassant.


Venons-en à la conclusion : Venceremos atteint-il la perfection d’Age of Aquarius ? Eh bien non, mais était-ce possible ? Cependant, tenter de reproduire l’exploit et rester dans son sillon aurait été courir le risque d’une répétition forcément en deçà du modèle. Le choix de l’évolution stylistique apparaît donc nécessaire et le résultat est finalement à la hauteur des attentes.


À écouter : "Requiem", "Ghosts in the Sky", "Home", "Venceremos"

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