↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Thin Lizzy


Bad Reputation


(02/09/1977 - Vertigo - Heavy Metal - Genre : Hard / Métal)
Produit par Thin Lizzy

1- Soldier of Fortune / 2- Bad Reputation / 3- Opium Trail / 4- Southbound / 5- Dancing in the Moonlight (It's Caught Me in It's Spotlight) / 6- Killer Without a Cause / 7- Downtown Sundown / 8- That Woman's Gonna Break Your Heart / 9- Dear Lord
Note de 4/5
Vous aussi, notez cet album ! (7 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 5.0/5 pour cet album
"Au hard-rock sans prétention, j'ai ..."
François, le 25/08/2022
( mots)

Il y a de nombreuses manières d’avoir mauvaise réputation, mais ne pas se lever le jour de la fête national n’est pas tellement subversif du point de vue d’un combo de hard-rock. Par contre, se battre avec un groupe de reggae au Speakeasy pour défendre un ami, cassant une jambe et une clavicule puis recevant son dû en se blessant la main et être assommé avec une bouteille, ça ... C’est pourquoi le guitariste Brian Robertson n’est pas sur la pochette de Bad Reputation – seul un trio est représenté, et qu’il n’apparaît que très peu sur les morceaux que l’album comporte (trois soli). Blessé, il avait été remplacé lors de la tournée de 1977 par Gary Moore, compagnon de route du groupe, et s’était attiré les foudres des autres membres de Thin Lizzy, au point d’être intégré au dernier moment, non sans hésitation, pour ces quelques apparitions.


Ces problèmes internes peuvent paraître surprenants. D’une part, Thin Lizzy est en pleine ascension, au point de pouvoir se permettre d’enregistrer ce nouvel album au Canada et d’obtenir les services du fameux producteur Tony Visconti, connu pour son travail avec T-Rex, Bowie ou encore Gentle Giant. D’autre part, Bad Reputation ne semble en aucun cas souffrir de ces problèmes : le résultat est excellent, plus encore, Thin Lizzy a ici composé son chef-d’œuvre.


Mon attachement à cet album vient en partie de ma rencontre avec le groupe, une rencontre un peu inattendue qui s’est réalisée par le biais un morceau assez peu représentatif de leur répertoire et présent sur cet opus, "Dancing in the Moonlight". La basse ronde et le saxophone presque kitsch rendent ce morceau séduisant, dansant et facile d’accès, on est presque tenté de l’écouter en claquant des doigts dans la rue, comme dans une mauvaise comédie musicale mettant en scène des bad-boys caricaturaux.


Le titre est en effet plutôt original au regard du style de ceux qui sont désormais les têtes de proue du hard-rock de la seconde génération : une esthétique qui atteint ici des sommets. L’entrée en matière épique de "Soldier of Fortune", si émouvante, développe des plans mélodiques aux guitares jumelles tout simplement parfaits, sublimant le "son" du groupe, raffiné jusqu’à sa quintessence. Savourez les quelques notes larmoyantes devant un roulement de tambour militaire, image sonore illustrant la thématique de la chanson. En fin d’album, "Dear Lord" semble refermer l’opus sous une forme d’écho à "Soldier of Fortune", puisqu’il possède une structure et des gimmicks de composition similaires (intro épique avec synthés, riff chaloupé, guitares-jumelles). Du reste, ce sont deux morceaux canoniques du groupe.


C’est donc le hard-rock qui continue de dominer la musique de Thin Lizzy. "Bad Reputation" est très Heavy avec des riffs heurtés, en contraste avec la voix sensuelle de Lynott. "Opium Trail" multiplie les notes et les plans de guitare, devenant un nouvel exemple de la modernité dans leur vision du hard-rock, à mi-chemin vers le Heavy des 1980’s qu’ils influencèrent par la suite. On pourrait dire de même à propos de l’incisif "Killer Without a Cause", enrichi de fantaisies acoustiques, de talkbox et de riffs rock’n’roll – sans parler de son refrain mémorable en forme de comptine.


Comme toujours, Thin Lizzy propose également des titres plus légers : la ballade "That Woman’s Gonna Break Your Heart" est devenue culte grâce àl’excellente utilisation des guitares mélodiques au profit d’un titre léché, "Southbound" (et ses "ooooohohohoooh"), et enfin le langoureux et lancinant "Downtown Sundown" sur lequel on retrouve le saxophone et un travail intéressant au chant qui rend le titre encore plus cotonneux.


Grâce à un tel album, Thin Lizzy pourrait jouir d’une meilleure réputation, d’autant plus qu’il me semble témoigner de l’extrême modernité du groupe, à la fois très mélodique voire pop tout en imposant une esthétique Heavy sans compromis. On pourrait parier sur un regain de popularité dans la postérité.


Du reste, à l’échelle de l’histoire du groupe, la "réputation" de Robertson était trop atteinte pour qu’il se maintienne en son sein ; son départ aura lieu après le mythique Live and Dangerous (1978), enregistré au Amérique du Nord – on le retrouvera sur son groupe Wild Horses mais, surtout, au sein d’un album aussi réussi qu’original avec Motörhead. Quant à Thin Lizzy, cela les incitera à retrouver un peu plus tard Gary Moore pour enregistrer un opus légendaire.


A écouter : "Dancing in the Moonlight", "Soldier of Fortune", "That Woman’s Gonna Break Your Heart", "Dear Lord"

Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !