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Critique d'album

Thin Lizzy


Chinatown


(10/10/1980 - Vertigo - Heavy Metal - Genre : Hard / Métal)
Produit par Thin Lizzy

1- We Will Be Strong / 2- Chinatown / 3- Sweetheart / 4- Sugar Blues / 5- Killer on the Loose / 6- Having A Good Time / 7- Genocide / 8- Didn't I / 9- Hey You
Note de 3.5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Suivre l' ''opium trail'' jusqu'à Chinatown"
François, le 28/08/2022
( mots)

Si Chinatown est un album relativement négligé au sein de la discographie de Thin Lizzy, les causes sont à chercher à plusieurs niveaux. On n’insistera pas trop sur la pochette, qui n’est pas forcément laide mais très caricaturale : elle fait explicitement référence au titre, lui-même renvoyant au quartier dans lequel l’album a été enregistré (à Soho) - les années 1980 ne sont pas forcément celles du bon goût, et le groupe est loin d’être dans le peloton de tête en la matière.


On préfèrera d’abord évoquer des problèmes humains, entre le départ de Gary Moore, excellent guitariste et compagnon de route de Thin Lizzy depuis des années, la fin de la collaboration avec le producteur Tony Visconti, et les addictions gênantes pour Phil Lynott qui, en outre, pense déjà à des excursions en solitaire. Sur Chinatown, le guitariste Snowy White, dont le palmarès culmine dans sa participation à la tournée d’Animals, fait son entrée, tandis que le claviériste Darren Wharton, alors simple invité, commence à apporter la touche synthé qui marque le dernier âge du groupe. C'est une sorte de transition en somme, même si la dissolution précoce du groupe et la diversité de ses derniers albums empêchent d’employer ce terme avec trop de certitude.


L’autre faiblesse de Chinatown est de succéder à deux chefs-d’œuvre, notamment le fantastique Black Rose a Rock Legend (1979) qui avait exposé tout le talent du groupe avec un certain sens de la démesure. Et il est clair que Chinatown ne parvient pas à reproduire cet exploit si bien que, alors qu’il comporte de nombreux bons morceaux, celui-ci souffre mal la comparaison et ne brille qu’en demi-teinte.


Un fois ces limites posées et que tout le monde sait qu’on ne peut pas s’attendre à un opus du niveau des précédents, nous pouvons essayer d’apprécier l’album à sa juste valeur – loin d’être méprisable. Le combo d’entrée, "We Will Be Strong" puis "Chinatown", est même plutôt inspiré : le premier avec ses twin-guitars mélodiques et son refrain ampoulé, le second dans un registre hard-rock bluesy sautillant. Plus loin, "Genocide (The Killing of the Buffalo)" est un autre grand moment de heavy jouissif et épique, avec un pont évoquant une danse martiale amérindienne.  


Du reste, la machine s’engouffre dans des terrains bien connus des amateurs du groupe avec "Sweetheart", exemple millimétré du style du groupe, comme "Having a Good Time" avec sa combinaison acoustique/électrique, ou encore "Sugar Blues", blues-rock survolté et très efficace, même si l’exercice est assez convenu (la batterie s’en donne tout de même à cœur joie et le solo est véloce). "Killer on the Loose" mérite d’être mis en exergue en ce qu’il s’inscrit presque dans la NWOBHM naissante, nouvelle vague d’ailleurs inspirée par Thin Lizzy, et initie une piste creusée plus tard sur Thunder and Lightning (1983). A l’inverse, même s’il garde cette orientation hard-rock, "Hey You" évoque parfois The Police, notamment en introduction, voire les Stranglers dans la façon de chanter de Lynott (à partir de 3.15 environ). Enfin, les orchestrations du slow "Didn’t I" ne sont clairement pas la meilleure idée du groupe, mais c’est l’unique faux-pas d’un album globalement très bon.


Vous l’aurez compris, Chinatown est un ouvrage de grande qualité, simplement, après avoir culminé à des hauteurs presqu’inaccessibles, Thin Lizzy ne pouvait se contenter du "très bon" … Les auditeurs non plus. Le meilleur conseil qu’on puisse livrer est de savourer ce dixième album pour ce qu’il est, en oubliant un peu la "rose noire" : coup de cœur garanti.


A écouter : "We Will Be Strong", "Chinatown", "Genocide (The Killing of the Buffalo)"

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