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Un tour à Rock en Seine 2026 les 27 et 28 août


Mathilde, le 02/09/2026

Journée du 28 août

Billie, Kingfishr, Biffy Clyro


C’est Billie qui avec son papillon double "B" ouvre ce vendredi promis "aux petits oignons". Et pour cause. Après avoir était enchantés par sa reprise "Wuthering Heights" et réveillés par sa dream pop, le public rejoint encore des irlandais (et on vient d’apprendre en même temps la tournée européenne des Fontaines DC, le trèfle est partout), les Kingfishr remplacent leur compatriote Cmat qui est souffrante. Contents d’accéder à une scène plus prestigieuse, mais compatissants quant à leur collègue, ils distilleront sur les festivaliers arrivants une pop folk somme toute celtique, en soulignant qu’il y a quelques années les gens de leurs pays étaient pris pour des pécores dans le business musical. Vous souvenez vous de Biffy Clyro ? Avec eux on part plutôt en Ecosse, et plutôt quelques années en arrière tant le groupe parait avoir été en toile de fond (de notre jeunesse) depuis 1995. Frais comme des gardons, les détenteurs de disques d’or (Puzzle) et de platine (Only Revolutions) au Royaume-Uni n’ont pas perdu de leur verve, et frappent toujours aussi juste lors de leur "When you hit me, hit me hard" ( 'Many Of Horror').


Crédits photo: Emilie Bardalou

Sparks, étincelles de nos vies


Juste le temps de jeter un oeil à la grande scène et au set de Wet Leg tout en cheveux roses et musculatures pour s’imposer face à un rock toujours davantage masculin que féminin, et de constater que leur show est totalement traduit en langue des signes, et direction la deuxième plus grande scène (qui ont toutes des noms de marque, business is business) et le moment surréaliste auquel on s’attend sans pouvoir s’y préparer pour autant. Le duo Russel et Ron s’avance sur la scène - (que!) la scène n°2 niveau capacité - sur fond de musique triomphante. Costume rose barbe à papa, ou papier toilette selon le point de vue, pour Russel avec baskets assorties s’il vous plait, et costume kimono-cravate pour Ron. Tout sourire pour le chanteur, tout regard scrutateur ironique pour le claviériste. "So May we Start" sera l’introduction bien choisie avec un Russel qui saute sur place, aussi enthousiaste qu’un CE1. Icônes du rock adorables, les cinq (en tout) étincelles de L.A. sont un vrai enchantement. Le guitariste n’étant pas en reste avec un déhanché à dévisser les boulons des projos. La setlist sera courte et la réunion avec Franz Ferdinand pour ressusciter FFS n’aura pas lieu, une petite double déception mais qui est rattrapée par les danses loufoques des deux frères sur leurs titres iconiques. Oui, le groupe est une légende en soi alors la foule internationale, loin d’être agglutinée dans ce set chic et chill, savoure et sourit. Nous serons gratifiés de "The Number One Song in Heaven" et "This Town Ain’t Big Enough for Both of Us" et de nombreuses phrases dans un français presque impeccable, Russel voulant caser des phrases telle "Je suis chaos". Nous aussi on l'est, face à un tel groupe qui a redéfini le rock à soi seul. Sparks: grosse coche verte (ou rose).


Crédits photos: Olivier Hoffschir

Franz Ferdinand: rock dada ou dad rock ?


Avons-nous face à nous un groupe featuring, un groupe parallèle ? Non, mais on a bien affaire à une reformation. Une refonte. Un nouveau concept émergé des cendres de 2016 qui a signé le départ de Nick MacCarthy aux claviers/guitare, pour qu’ensuite Paul Thomson se fasse aussi la malle en 2021. Aux débuts de FF planait une vibe étudiants d’art, Nick avait des origines allemandes et avait insufflé pas mal d’inspirations (peut être aussi le nom) au groupe. Les Franz Ferdinand sont aujourd’hui des silhouettes iconiques noires en costume qui se détachent de lumières bien blanches. Il fut une époque où la hargne faisait partie de leurs qualificatifs, via la guerre d’égos avec Nicolas MacCarthy qui mettait des chemises rouges et tuait du regard Alex Kapranos par derrière. Aujourd’hui les musiciens laissent briller Alex le sage, sans doute le plus âgé, et il n’est plus question de lutter mais de gentiment irradier. Franz Ferdinand est une "piece of art", un genre d’icône élégante d’un rock qui a existé et qui tente de prolonger l’aventure. Plutôt efficacement car leurs riffs sont intemporels et ce soir ils ne déroulent que leurs tubes, bien décidés à dynamiser la foule amassée. Avec grand succès. Des festivaliers parviennent encore à s’enthousiasmer avec étonnement (du genre "Attends mais je le connais ce titre !") ce qui traduit bien que "Take Me Out" est encore frais, et même peut-être une découverte relativement récente pour certains. Franz Ferdinand sonne donc encore et toujours actuel, et c’est tant mieux pour eux. Même si relégué au rang de groupe culte qui survit grâce à son passé, il exulte et accompagne le renouveau du rock en cours. Kapranos est devenu père récemment (la maman étant Clara Luciani) mais n’a pas perdu de son énergie filiforme. Le côté arty est parti avec MacCarthy. On a dit dad rock, mais pas bad rock (ou alors on est dyslexique). 


Crédits photo: Emilie Bardalou

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