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Critique d'album

Storm Orchestra


What a Time to be Alive


(14/04/2023 - No Label - - Genre : Rock)
Produit par Storm Orchestra

1- Piece Of You / 2- Suspect / 3- Wait A Minute / 4- Criminal / 5- Now Or Never / 6- Come Undone / 7- Tones Of The Thunder / 8- Queen / 9- Break The Rules / 10- DIE DIE DIE / 11- Demons
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Une tempête d’une intensité rarement enregistrée dans l’Hexagone"
Franck, le 24/07/2023
( mots)

Si nous ne doutons pas un instant des qualités de la scène rock hexagonale (des qualités encore confirmées par une production 2023 qui s’annonce déjà comme un très bon cru), il faut bien reconnaître que rares sont les formations françaises en mesure de rivaliser avec leurs voisins anglo-saxons tout en restant sur des rivages relativement mainstream. Phoenix a longtemps été considéré comme l’exception ; un cas d’autant plus paradoxal que le succès des Versaillais a été largement acquis Outre-Manche et aura mis un certain temps avant d’être reconnu sur ses propres terres. Dans un passé plus proche, nous voyions émerger Last Train, un groupe que nous imaginions en mesure de redonner vie au rock à guitare made in France. La situation n’a finalement pas beaucoup évolué depuis le dernier opus en date du talentueux quatuor alsacien (The Big Picture, 2019) … Nous avons donc pris notre mal en patience, soutenant la scène metal qui pour le coup se porte plutôt bien, entre Gojira (qu’on ne présente plus), Klone (auteur d’un superbe album en 2023) et Molybaron (dont le nouvel opus ne devrait pas tarder à pointer le bout de son nez). Ce mois-ci pourtant, nous avons repris espoir en découvrant le premier album de Storm Orchestra. Un album qui en plus de créer la surprise, se permet de talonner les cadors du genre sur leur propre terrain !


Composé de Maxime Goudard (chant et guitare), Adrien Richard (basse) et Loïc Fouquet (batterie), ce groupe parisien propose une musique nerveuse et fédératrice, directement inspirée par des formations britanniques comme Royal Blood, Nothing But Thieves ou encore Biffy Clyro. Si le trio n’apporte rien de foncièrement nouveau - et que le sentier semble déjà bien balisé par bon nombre de jeunes outsiders tels que Blackbird Hill, Tigercub ou encore Dead Poet Society - il faut bien reconnaître aux Français ce supplément de prestance et de panache qui fait toute la différence. What a Time to be Alive fait en effet partie de ces disques à l’accroche immédiate, qui étalent tout leur potentiel dès la première écoute et qui le confirment dès la suivante. L’album débute ainsi sur un véritable hit avec le morceau "Piece of You". Le combo y délivre une pop incisive à la manière de Death From Above 1979, jouant habilement sur le contraste généré par un couplet aux riffs ravageurs et un refrain à la mélodie prégnante qui semble tout disposé pour un passage massif sur les ondes. Si le démarrage est fulgurant, la suite ne faiblit à aucun moment : "Suspect" convainc immédiatement avec un groove qui évoque Royal Blood sur son dernier opus, quand "Wait a Minute" nous scotch littéralement à notre fauteuil à l’occasion d’un riff surpuissant dopé par une basse au maximum de sa saturation. 


De manière générale, le groupe impressionne par la sensation de puissance qu’il dégage ; une restitution sonore à mettre sur le compte d’une production exemplaire qui n’a finalement pas grand-chose à envier aux meilleurs représentants de la scène internationale. Il est évident que le groupe n’est pas novice en la matière et dispose d’un véritable savoir-faire. Et pour cause, la formation de Storm Orchestra remonte en réalité à 2013. Composé d’étudiants en école d’ingénieur du son, le groupe a d’abord connu une première mouture débouchant sur une série d’EP (So? en 2014 et Bite the Bullet en 2017 ; des premiers faits d’armes désormais introuvables sur le net). Ce n’est qu’à partir de 2019 que le combo trouve sa configuration actuelle et officialise sa nouvelle direction artistique avec un EP éponyme sorti en pleine pandémie. Dans l’incapacité de défendre ses créations sur scène, le groupe s’en est retourné à la composition, débutant les prises studio de What a Time to be Alive dès 2021 et se laissant le temps nécessaire pour concrétiser son ambition tout au long de l’année qui s’ensuit. On ressent ainsi cette méticulosité lors de l’écoute, que ce soit dans la proposition de mélodies marquantes, dans l’imprévisibilité de la section rythmique ou encore dans les différentes intonations vocales prises par le chanteur. L’aspect vocal est par ailleurs indissociable de la réussite de cet album. Outre le fait que Maxime Goudard s’exprime dans un anglais irréprochable (aspect qui fait encore défaut à certaines formations françaises s’obstinant à s’exprimer dans la langue de Shakespeare), celui-ci livre une prestation d’une grande justesse, se montrant à son aise dans les différents registres abordés, tout en s’autorisant quelques montées en amplitude à l’image du final grandiloquent de "Criminal" qui semblerait tout droit sorti du catalogue de Muse.


Si les différentes influences sont parfois un peu trop évidentes, celles-ci s’avèrent plutôt bien distillées sur les 11 titres qui composent l’album. Les styles abordés restent assez larges, les Français flirtant régulièrement avec le stoner et le metal à l’image des riffs nerveux de "Now or Never" nuancés par quelques touches électroniques ou encore du tumultueux "DIE DIE DIE" qui se distingue avec son refrain scandé et ses textes désespérés. La variété de l’album réside finalement dans sa façon de l’aborder. On arrive ainsi à trouver un aspect ludique et dansant dans les riffs les plus virulents, et à l’inverse trouver une certaine dureté de ton dans les mélodies les plus lumineuses. Une incongruence qui semble préméditée et qui se retrouve tout au long du disque : dans la double lecture de son titre, mais aussi dans des textes qui exploitent des thématiques ambivalentes comme l’amour et l'apocalypse.


What a Time to be Alive constitue à n’en pas douter une des plus belles surprises de 2023. Puissant, immédiat et fédérateur, le premier album des Français dispose en effet de tous les ingrédients pour susciter une adhésion massive et pour s’exporter à l’international. Bien sûr, la route est encore longue pour Storm Orchestra qui devra encore confirmer lors des concerts à venir, étape que les Parisiens devraient franchir sans mal tant les différentes compositions semblent déjà taillées pour la scène. Pour conclure, retenez que nous avons, en France, les moyens et le talent pour se mettre au niveau de nos voisins européens. Vous aimez Royal Blood, Nothing But Thieves ou encore Foo Fighters ? Aucun doute que vous adorerez Storm Orchestra !


 


A écouter : "Pièce of You", "Suspect", "Break the Rules"


 

Commentaires
Marc, le 02/08/2023 à 08:49
Effectivement, ça n’invente rien, mais qu’est-ce que ça envoie!! Merci pour la découverte.
Ben, le 27/07/2023 à 19:07
Quelle claque !