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Critique d'album

Queen


Queen I


(13/07/1973 - - Glam Rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Keep Yourself Alive / 2- Doing All Right / 3- Great King Rat / 4- My Fairy King / 5- Liar / 6- The Night Comes Down / 7- Modern Times Rock'N'Roll / 8- Son And Doughter / 9- Jesus / 10- Seven Seas Of Rhye
Note de 3/5
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Note de 2.5/5 pour cet album
"Aujourd’hui, je suis Reine. Autrefois, j’étais libre. – Victor Hugo "
Daniel, le 22/07/2023
( mots)


Où il est question d’un procès en sorcellerie

Rares sont ceux et celles qui le savent encore mais, en 1973, il s’est trouvé des critiques rock pour instruire un véritable procès en sorcellerie à l’encontre de Queen, tandis que le groupe vagissait encore près de ses fonds baptismaux.

Il a été écrit et plaidé haut et fort que le quatuor anglais n’avait pour autre ambition que de chasser sur les plates-bandes de Led Zeppelin (1) lequel groupe, perdu dans ses propres turbulences, ne vivait pas son meilleur plan de vol.

Au cours du temps, les inquisiteurs (avantageusement remplacés depuis lors par des réseaux sociaux bien plus efficients) ont brûlé des sorcières sur la base de dossiers d’instruction vides de pièces probantes.

Queen a échappé au bûcher. Malgré les effets de manches et les mines graves des censeurs. Et ce n’est que justice parce que sa musique – éphémèrement baptisée "barock" (ou "barock’n’roll") – n’a jamais plagié les racines blues (ou les compositions de Randy California) ni cherché à faire passer une baudruche boursoufflée à l’hydrogène pour un missile intercontinental.

N’en déplaise…

Où il est question d’un télégraphe, d’un pseudonyme crétin et d’un mariage éphémère

En style télégraphique, Queen (Bulsara, Deacon, May et Meddows-Taylor) s’est formé en 1971 sur les cendres de Smile (2)… pour se mettre en congé jusqu’en 1973 afin de permettre aux musiciens de terminer tout ou partie de leurs études (3).

Pendant ce temps-là, incapable de ronger son frein, Farrokh (prénom à la rime prédestinée) Bulsara, pressé d’en découdre avec la célébrité, créé le logo de Queen et invente Larry Lurex (4)…

La facétie Lurex ne dure heureusement que le temps d’un single. Une reprise de "I Can hear Music" des Beach Boys balancée sur un mur de son spectorien aussi caricatural que le pseudonyme choisi. Mais il se pose la question de savoir ce qu’il se serait passé si Larry Lurex avait explosé les charts…

Bref, en 1973, Queen devient enfin opérationnel.

Larry (re)devient Freddie.

Et Lurex, Mercury.

Et Freddie Mercury épouse Mary Austin.

Mais pas pour longtemps….

Où il est (enfin) question d’un premier album qui – bien évidemment – ne s’est jamais appelé Queen I

Le premier album de Queen s’appelait simplement Queen. C’est l’histoire qui lui a ajouté un I qui laisse à penser que le groupe savait déjà qu’il y aurait un Queen II.

Et Queen n’est certainement pas un bon album. C’est parfois maladroit, généralement surproduit, souvent surjoué et ponctuellement sur-compliqué. On y trouve quelques ingrédients d’un "devenir" glorieux mais sans aucune cohésion ni ligne directrice, ce qui est d’autant plus étonnant que le processus de création a pratiquement duré trois ans.

L’opus démarre sur un single assez évident (quoiqu’invendable) : "Keep Yourself Alive" définit immédiatement Brian May comme un guitariste "signature" (5) et Freddie Mercury comme un chanteur atypique, versatile et – on y revient – baroque.

"Doing All Right", une ballade à tiroirs surannée signée par Tim Staffell (avec la complicité de Brian May) plombe l’ambiance, au même titre que l’insipide "The Night Comes Down" l’inabouti "Modern Times Rock’n’Roll" (une démo mal dégrossie, écrite et chantée en moins de deux minutes par Roger Meddows-Taylor) ou le vilain lourdaud "Son & Daughter".

C’est Freddie Mercury qui va écrire seul l’histoire en enquillant quatre titres (6) qui définiront instantanément les ambitions extrêmes de son style unique dans l’univers rock : cavalcades ludiques, emphase, culture musicale, puissance fragile, inspiration plurielle, capacités narratives inédites (7), préciosité, nuances, spectre artistique infini.

Queen vaut d’être écouté pour "Great King Rat", "My Fairy King", "Liar" et l’extraordinairement épique "Jesus" (8). A ce stade, tout est déjà dit. A ceci près que le public ne suivra pas et que, durant quelques mois encore, Freddie Mercury hésitera à s’engager réellement dans le projet.

Où il est de nouveau question de télégraphe, de raccourcis saisissants et d'une prière

Les quatre albums suivants conduiront Queen jusqu’à la stratosphère, bien plus haut que là où volent les meilleurs dirigeables.

Puis, le groupe, rattrapé par la gravité, reviendra sur Terre pour ne plus jamais vraiment la quitter. A la vie. A la mort.

Rassemblez-vous tous !
Joignez les mains et priez le Seigneur
Je marche sur l’eau comme par le passé
Je viendrai en aide aux bons, aux croyants et à l’aveugle
Et à toutes les créatures, grandes comme petites
Laissez moi vous conduire à la rivière…


(1) La polémique n’est pas neuve…

(2) En cédant sa place de chanteur à Freddie Mercury parce qu’il considérait que le groupe n’avait aucun avenir artistique, Tim Staffel est entré dans la légende des rockers visionnaires. Mon préféré de tous reste néanmoins le guitariste corse Henry Padovani qui a largué Police peu avant l’enregistrement du premier album.

(3) Brian May obtiendra son Doctorat en 2007 en défendant une théorie audacieuse sur les poussières d’étoiles. Comme quoi…

(4) Gary Glitter était la tête de Turc favorite de Freddie Mercury. De Gary à Larry, il n’y avait qu’un pas. Quand au Lurex, il s’agit de ce fil textile synthétique recouvert de métal brillant qui servait à confectionner les horribles combinaisons scéniques de l’infâme Glitter.

(5) Brian May déboule avec un son identifiable et une maestria rythmique époustouflante. Ce ne sera jamais un grand soliste (son meilleur solo sera signé par Steve Howe) mais il impose immédiatement un style qui permet de le reconnaître sur un seul accord. Comme, parmi d’autres, Eddie Van Halen, Akira Takasaki, David Gilmour, …

(6) Il n’est pas raisonnable de compter ici "Seven Seas Of Rhye", le petit brouillon instrumental qui clôture l’opus.

(7) S’il est de bon ton de se moquer des extravagances de Mercury, il faut aussi louer ses talents. Le rock connait peu de vrais « grands conteurs », c’est-à-dire de chanteurs qui parviennent à captiver un public, le prendre par la main et l’emmener au cœur de leurs fictions et délires. Ronnie James Dio, Bruce Dickinson, Fish, Bruce Springsteen, …

(8) Alors que sa famille est adepte du Zoroastrisme, Farrock Bulsara a fait ses études dans un pensionnat britannique en Inde, où il sera initié aux mystères de l’anglicanisme et de la musique. C’est peut-être la raison pour laquelle il évoque tant le Seigneur dans ses premières compositions. Au point que Queen sera qualifié de "groupe chrétien" par ceux qui comprenaient l’anglais. A ce propos, les fervents complétistes apprécieront le laid titre christique "Mad The Swine" qui figure sur certaines rééditions de l’album alors qu’il avait été viré de l’opus en 1973.


 

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