Les Contre-Victoires de la Musique 2025
Cette année encore, nous avons jeté un œil - et une oreille - aux Victoires de la Musique diffusées sur France 2. Une cérémonie toujours aussi longue, bavarde, engoncée dans un décorum qui fleure bon la naphtaline institutionnelle. Le seul véritable moment de folie ? La prestation de Philippe Katerine, qui semble désormais considérer que la provocation vestimentaire - ou son absence - tient lieu de proposition artistique.
Le problème, au fond, n’est pas tant la forme que l’identité confuse de l’événement. Il faut dire que les Victoires ont le postérieur coincé entre deux chaises : d’un côté, la préservation d’une institution un brin élitiste, reposant sur des académies de votants professionnels qui gravitent autour d’un périmètre balisé (variété, classique, jazz) ; de l’autre, l’envie d’afficher une ouverture d’esprit de bon aloi, en conviant quelques esthétiques supposément modernes. Mais pas trop non plus - faut pas déconner - à l’image d’un Disiz (ex-Disiz la Peste) repenti, troquant le rap pour un spleen nonchalant et inoffensif, suffisamment consensuel pour décrocher le trophée d’artiste masculin de l’année.
À force d’ouvrir la porte à la diversité, l’institution finit par se faire piéger par sa propre logique : c’est la chanteuse pop/hip-hop/RnB Theodora qui a tout raflé avec quatre trophées, dont celui d’album de l’année. Au final, tout le monde ressort un peu lésé de cette mascarade qui n’est ni totalement populaire - les trois plus grosses ventes d’albums, Gims, Jul et Werenoi, ne sont même pas nommées - ni véritable reflet de la diversité musicale de la scène hexagonale.
On en viendrait presque à suggérer de renommer le machin "Les Victoires de la bonne vieille Variétoche francophone" et d’assumer clairement cette ligne directrice. Le plus ironique reste que la contrainte linguistique elle-même semble à géométrie variable : Justice et DJ Snake se retrouvent nommés en “meilleur live”, alors que leurs textes sont quasi exclusivement en anglais... Dans ces conditions, comment expliquer que des groupes comme Gojira (qu’on ne présente plus), Last Train (fort d’une tournée exceptionnelle) et surtout Landmvrks (véritable phénomène à la popularité grandissante) ne soient même pas cités ?!
Qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit nullement de dénigrer les artistes qui ont défilé au cours de cette soirée pour le moins indigente. Chacun mérite très certainement sa place, même Sam Sauvage, qui m’a évoqué avec amusement un Benjamin Biolay chantant du Boris. Il s’agit simplement de pousser notre coup de gueule annuel contre une cérémonie absurde et souvent à côté de la plaque. Avec la multiplication des chaînes privées qui tentent chaque jour d’imposer leur vision du monde, on est en droit d’attendre un peu plus d’un groupe comme France Télévisions. D’autant que la chaîne publique sait faire de bonnes choses quand elle le veut (pensons à Taratata ou aux retransmissions de concerts sur France 4, à la programmation souvent plus éclectique et instructive). Les chiffres ne trompent pas : cette 41ème édition affiche les plus faibles audiences du programme. Seul motif de satisfaction – car tout n’est pas à jeter – la forte représentation des artistes féminines, qui ont constitué plus de 60 % des nommés.
En définitive : écoutez de la musique, prenez le temps de l’apprécier, faites-vous votre propre avis. Allez à la découverte de la scène locale, qu’elle soit rap, électronique, rock ou metal : elle est bien plus vaste et vivante que ce que l’on veut bien vous montrer.
De notre côté - chez Albumrock - nous continuerons de nous faire les porte-parole du rock et, plus largement, des musiques saturées (qui ne se limitent pas à Indochine). L’année 2025 s’est à ce titre révélée particulièrement riche : révélations, confirmations, come-backs savoureux et véritables phénomènes laissant espérer un retour progressif de notre musique de cœur sur le devant de la scène. La diversité y est de mise, avec une place plus importante accordée aux musiques "extrêmes" (metalcore, death, black metal) au sein de notre ligne éditoriale. La scène française n’a finalement pas grand-chose à envier à ses voisins - si ce n’est, peut-être, un peu plus d’attention de la part de nos chers médias.
Franck pour la rédaction.
Les artistes et groupes français de 2025
L'album de l'année

Last Train - III : C'est un sans faute pour ce dernier album de la bande à Scherrer ! Bien assis qu'il est sur ses trois piliers qui donnent le nom: Indépendance, Ingéniosité et Inspiration (c'est une hypothèse de la journaliste), le groupe a su prendre position. Si les alsaciens sont parvenus à récolter leur vigne et en faire une bonne bouteille indie (salut à We Are Promised Jetpacks) sortie de cave, ils ont également réussi le pari de délaisser un temps leur mélancolie nostalgique (encore présente tout de même sur "How Does It Feel ?") pour embrasser des horizons plus ouverts, tournés vers l'avenir. En nait un "rock alternatif" avec ce qu'il comporte de "choix autre". III est une revanche suite à une critique de presse qualifiant le son du groupe de "trop convenu". Last Train a alors ciselé huit titres incandescents qui rougeoient sans jamais qu'on s'y brûle. Ainsi "All To Blame" a ce qu'il faut de fugue juvénile, "This Is Me Trying" se pare d'une introversion ravissante sans ennuyer, et même "Revenge" tutoie les cieux de la pop 90ies de dEUS (et depuis le nord de la France ça n'est pas un petit compliment). Combinant leur attrait pour les ambiances cinématographiques (cf l'album précédent) et leurs influences assumées de fan-boys, ces quatre-là savent où ils veulent cheminer. En cultivant leur authenticité, Last Train pourra en enchanter plus d'un sur sa tournée en France, Suisse et Belgique entamée en février.
Le meilleur du Rock

The Inspector Cluzo - Less Is More : Les landais nous gratifient d'un 10ème album enregistré à Nashville avec Vance Powell (Jack White, The Raconteurs...) et il faut avouer que nos "French Bastards" tiennent une fois de plus la dragée haute aux formations américaines pour balancer un blues-rock guitare/batterie brut et accrocheur (le refrain de "Catfarm", catchy à souhait). Avec leur auto-dérision caractéristique, Laurent Lacrouts et Mathieu Jourdain invitent à revenir à l'essentiel et d'arrêter la course effrénée vers toujours plus de consommation ("Less is More", impeccable) tout en se payant le luxe de reprendre avec réussite l'un des meilleurs morceaux de Crosby, Stills, Nash and Young ("Almost Cut My Hair"). Les gascons signent un nouvel album réjouissant.
Storm Orchestra - Get Better : Désigné album français de l'année par nos lecteurs en 2023, What a Time to Be Alive faisait l’effet d’une petite bombe sur la scène hexagonale, porté par une approche aussi explosive que maîtrisée. Sans prétendre révolutionner les codes d’un power rock déjà bien balisé - notamment par des formations britanniques comme Royal Blood, Nothing But Thieves ou Dead Poet Society - Storm Orchestra parvenait à imposer sa patte, alliant énergie brute et ambition affirmée. Autant dire que la suite était attendue de pied ferme. Avec Get Better, le trio parisien remet le couvert et livre un album sans temps morts, enchaînant les morceaux directs, immédiats et résolument fédérateurs, tout en s’autorisant quelques incursions metalcore bien senties. Si l’effet de surprise s’est estompé et que certains titres paraissent un peu moins inspirés, Get Better n’en demeure pas moins un disque de très bonne facture et d'une redoutable efficacité. De quoi confirmer l’ascension du groupe et, surtout, laisser présager des concerts pour le moins enflammés.
Animal Triste - Jericho : Après deux albums séduisants qui posaient les bases d’un rock sombre et puissant, les Normands d’Animal Triste délivrent un troisième opus encore plus fort en symboles, en mélodies lancinantes et en ambiances ténébreuses. Prenant pour référence l’effondrement de la cité assiégée de Jericho, Animal Triste ne sort pas les trompettes mais bien les riffs abrasifs sur des titres fiévreux et habités à l’instar de l’entame supersonique "Ave Satan" qui traverse l’enfer à toute vitesse sous le chant profond et psalmodiant de Yannick Marais. Respectant un cahier des charges sombre et envoûtant, Animal Triste signe son meilleur album et prouve une nouvelle fois que la scène rock française devra compter sur eux en 2025 et pour les années à venir.
Le meilleur du Rock Francophone

JPL - Post Scriptum : Le retour du guitariste vellave JPL après sa trilogie Sapiens (2020-2022) est à la hauteur des attentes. Contrairement à ce que son nom pourrait indiquer, ce douzième album solo n'est pas un simple post-scriptum intégré en bonus aux opus précédents, mais bien une œuvre à part entière inscrite dans les différentes faces esthétiques du compositeur - le rock progressif, le Metal et la chanson parfois pop. Les amateurs du musicien seront ravis, quand les néophytes découvriront un artiste français accompli bien qu'assez injustement méconnu.
Deportivo - Reptile : Reptile, ou le come-back espéré. Loin d’un simple exercice nostalgique, Deportivo y transforme son histoire en matière vivante, assumant le poids des années sans jamais renier le socle sonore si singulier de son passé. Porté par une plume toujours aussi malicieuse et par une efficacité minimaliste désormais croisée à une sensibilité pleinement assumée, l’album capte un groupe en parfait accord avec son présent, libre de ses choix et de ses inspirations. Reptile expose ainsi un Deportivo plus actuel que jamais, tout aussi capable de dialoguer avec son héritage que d’affirmer une pertinence résolument contemporaine
Feu ! Chatterton - Labyrinthe : Il existe une expression qui dit "c'est l'exception qui confirme la règle". Celle-ci s'applique pour Feu ! Chatterton, seul groupe de notre liste qui arrive à trouver sa place aux Victoires de la musique. L'influence chanson à texte et grands poètes y est certainement pour beaucoup. Les emprunts douteux aux tendances du moment (électro-samba, revival 80s et rap) jouent certainement également en leur faveur pour ce genre d'émission. D'ailleurs on est prêt à parier que c'est un de ces morceaux qu'il joueront lors de la cérémonie. Les rocks énergique ("Cosmos Song"), pesant et intense ("Monolithe") ou planant et floydien ("Sous la pyramide") qui font qu'on trouve toujours notre compte avec ce groupe sont relégués à la deuxième moitié de l'album, et resterons probablement la chasse gardée des amateurs de rock qui ont su passer outre les premiers titres.
Le meilleur du Rock Progressif

Path of Ilya - La Dégustation : Sur ce second album, le trio (ultra-)progressif et fou-furieux s’aventure dans une dimension qui intègre une puissante dose de jazz, de groove et de funk, une foultitude de sonorités électroniques, du rock psychédélique confit à la fumée de champignons hallucinés, des dérapages métalliques à faire rougir la Gardienne des Ténèbres du Hellfest, d’expérimentations inspirées et des changements de rythme improbables. En guise de fil rouge, c’est l’humour (trop rarement présent dans le rock progressif) qui condimente tout l’album. Les trois barbus en salopette orange multiplient avec gourmandise les private jokes. Ca se devine. Ca s’entend. Ca se sent. Mais, par définition, ce genre de condiment doit rester secret. Sinon la joke n’est plus private…
Gérald Moizan – New Beginning : Technicien-son et auteur de vidéos pédagogiques pour le magazine Guitar Part, Gérald Moizan propose un troisième album ambitieux qui démontre une fois encore qu’il est capable de tout jouer avec talent et bonheur. New Beginning est articulé en deux "faces" : la première compte sept titres et la seconde une longue pièce déclinée en quatre chapitres. Le guitariste est entouré de trois prodiges qui délivrent une musique ultra-sophistiquée, alternant des développements progressifs, très narratifs et diaboliquement orchestrés, et des titres funky/pop avec cuivres, plus festifs et dansants. Si le mariage entre les deux styles n’est pas toujours convaincant, il se trouve sur l’album des compositions explosives ou bibliques qui méritent le détour.
Esthesis - Out of Step : Après avoir exploré sa filiation floydienne sur un premier album très remarqué puis louvoyé avec élégance sur la bande originale d'un film noir, le groupe originaire de Toulouse opère un nouveau volte-face complet. Exit le groove chaloupé du jazz et la chaleur réconfortante des cuivres, Esthesis renouvelle ses sonorités avec un album beaucoup plus sombre, froid et tranchant où nappes de claviers enveloppantes, alchimie basse-batterie pourvoyeuse de rythmiques lourdes et complexes et riffs massifs se répondent dans une densité suffocante. Out of Step se fait ainsi l'écho d'une imagerie plus violente et angoissante avec une conception sonore méticuleuse toujours empreinte d'une forte dimension cinématographique qui renvoie à une esthétique obscure et labyrinthique. En faisant partie des tous meilleurs albums de l'année 2025, Out of Step est le fruit d'une orientation sans compromissions et le résultat d'une prise de risque maximale qui s'avère définitivement payante.
Le meilleur du Rock Fusion

FFF - U Scream :
Après 23 ans d'absence discographique, la Fédération Française de Fonck avait effectué un retour particulièrement réussi en 2023 : le très Rock I Scream sonnait comme la suite logique de leur chef d’œuvre éponyme paru en 1996. Issu des mêmes sessions, son pendant U Scream atteint le même niveau de qualité tout en explorant les facettes plus Funk et Pop du groupe. L'énergie et le groove sont intacts et rappellent aussi bien les Red Hot Chili Peppers que Parliamant.
Le meilleur de l'Indie Rock

Homme Bleu - Dark Matter : Algérien de père et Breton de mère, Homme Bleu propose ici une suite anglophone à son Bal des Crocodiles (2023) qui était chanté dans la langue de Voltaire. Sans concession commerciale aucune, Dark Matter se déroule dans une ambiance générale assez désabusée (parfois tourmentée) qui s’inscrit dans les canons d’un rock électro-indie contemporain biberonné à la cold wave eighties. Les plages qui s’enchaînent installent un spleen inaltérable pour composer une œuvre exigeante qui impose des écoutes répétées avant de livrer toutes ses nuances entre gris moyen et gris très foncé. Il est à noter que le fabuleux Tom Verlaine intervient sur deux titres proposés en bonus.
Seesayle – Streams : Multi-instrumentiste et professeure de rock, Seesayle s’est inventé un univers musical inclassable où elle règne en Reine sur un petit peuple composé essentiellement d’elle-même et de ceux et celles qui acceptent de partager des sonorités rêveuses, son humour à deux balles, sa modestie innommable et sa patience d’ange ou de démon. Streams se démarque de ses prédécesseurs par le recours – fort heureux - à la langue française. Dans le terreau ardennais de la musique de Seesayle, il se trouve aujourd’hui des racines rock (aux très lointains accents punks ou grunge), des souches folk, des complications jazzy, un fifrelin d’électro décalé, un goût de terroir, des assemblages sonores complexes, des boucles marrantes, des curiosités fascinantes, des musicalités étranges, des anciennetés savantes, des interrogations et des modernités surprenantes... Un cabinet de curiosités où il est parfois difficile d’entrer mais dont il est vraiment impossible de sortir.
TARDIS - For a While They Lived Together in a Treehouse : TARDIS profite depuis 2016 de la proximité entre la France, la Belgique et le Luxembourg pour faire vivre au sein de son quatuor pluriethnique un indie rock universel estampillé 90s’. Leur troisième long format, For a While They Lived Together in a Treehouse, ne déroge pas à la règle et déploie son éventail d’influences chères aux milléniaux. La voix de Ben rappelle tour à tour Brian Molko ("How to Blow Up a Timeline", la similitude est troublante) et Billy Corgan, tandis que Julie, telle une Kim Deal des temps modernes, donne vie à l’ensemble derrière sa quatre cordes, plaçant avec tact ses chœurs subtils mais déterminants. La véritable force du groupe réside dans ses mélodies, qui imprègnent durablement le subconscient, soutenues par une dynamique parfaitement maitrisée. Les éclats grungy ("Your Princess is in Another Castle", "Kiss All The Bees") se fondent harmonieusement et sans peine avec les pièces plus aériennes ("Cut Here", "The Dangerous Lives of Altar Boys", que l’on compte parmi les plus belles trouvailles du disque), le long de ces 55 minutes bien ficelées. Le tout est enrichi de touches inattendues, où xylophone, mélodica et orgue Hammond apportent une fraîcheur bienvenue, rendant chaque écoute plus captivante et attachante.
Le meilleur du Blues rock

Léo Benmass – Origins : Léo Benmass "a" le blues. Le blues rock. Dans la voix et – surtout – dans sa Fender Stratocaster. Mais ce n’est pas ce blues rock œcuménique que les cover bands s’obstinent à reproduire sempiternellement, à la nuance électrique près, depuis que les notes du dernier matin de Woodstock ont éclaboussé la plaine. Épaulé par un batteur qui cultive l’art de la nuance et un bassiste proprement infernal, le guitariste alterne les reprises (les réécritures, en fait) et les compositions pour proposer un album définitivement vital (et en anglais dans le texte) enregistré en studio mais dans des conditions instrumentales live (la voix étant ensuite captée séparément). Une surprise merveilleuse.
Urban And The Broken Woods - Urban And The Broken Woods : Ressuscitant une "hippie touch" que l’on croyait disparue à jamais, le groupe livre un album qui reflète parfaitement l’air du temps jadis, fin sixties, début seventies. Le joyeux bordel sonore de circonstance ne répond, comme les grands anciens qui l’ont inspiré, à aucune règle académique et flirte parfois avec des conceptions hasardeuses. Mais on s’en fout. Parce qu’il y a une telle honnêteté dans la démarche que, si l’on met de côté ses préjugés et réserves instinctives, l’opus devient vraiment attachant. Il s’écoute avec le même bonheur que l’on peut éprouver lorsque l’on regarde (avec un peu de nostalgie) des photos de famille anciennes aux couleurs passées mais aux souvenirs bien présents.
The Burning Fingers - Revenge : Après un EP live et un premier album studio, Revenge est le troisième effort de The Burning Fingers, un quatuor de blues rock du Sud de la France mené par le guitariste Sébastien Cauquil. L'opus démontre avec bonheur qu'à l'ère de l'IA, il subsiste - fort heureusement - des musiciens courageux qui mettent leurs mains dans le cambouis pour fabriquer de la musique organique et profondément humaine. Avec ses qualités notables et ses petits défauts. Même si certains boulons mériteraient d'être mieux ajustés ou serrés, le moteur de Revenge est puissant et fait honneur à ses influences "classic rock". Réservez une écoute attentive à ce groupe créé en 2013 parce qu'il ne lui manque pas grand chose pour glaner quelques étoiles de plus et accéder à un niveau supérieur. Et là, tout deviendra possible ! Keep on blues-rockin', people !
Le Comeback de l'année

Kwoon - Odyssey : Il y a des groupes que le temps semble épargner, et dont la musique continue de résonner longtemps après leur passage. Le premier album de Kwoon, Tales and Dreams (2006), avait ce petit supplément d’âme qui faisait toute la différence, au point de forcer la comparaison avec des formations telles que Sigur Rós, Mogwai ou Explosions in the Sky. Après un second opus et une tournée européenne d'envergure, le groupe mené par Sandy Lavallart choisissait pourtant de s’effacer, s’accordant une pause à durée indéterminée. Alors qu’on n’osait plus espérer son retour, la formation française a refait surface en 2025 - plus de quinze ans après son dernier disque - avec Odyssey, un album à la pochette somptueuse où ciel et océan se confondent dans un même horizon. Plus qu’un simple come-back, c’est une véritable traversée sensorielle que propose le groupe : une œuvre immersive et introspective, au souffle résolument cinématographique, qui invite l’auditeur à dériver vers des paysages intérieurs infinis. Si son caractère contemplatif exige une écoute attentive, l’album n’en demeure pas moins étonnamment accessible par instants. Le diptyque "White Angels"/"Life", d’une grâce mélodique saisissante, suffit à lui seul à en justifier l’exploration. On pardonnera dès lors quelques longueurs éparses : avec Odyssey, Kwoon signe sans conteste l’un des retours les plus marquants de 2025.
Le meilleur du Punk (punk-rock / post-punk)

Basic Partner - New Décade : Avec New Decade, Basic Partner signe un premier album tendu et maîtrisé, qui s’impose rapidement comme l’une des propositions post-punk françaises les plus solides du moment. Le groupe y déploie une écriture nerveuse, oscillant entre froideur mécanique et éclats plus émotionnels, portée par des guitares incisives et une section rythmique constamment sous pression, évoquant par instants la gravité d’Interpol ou la tension du Fontaines D.C. des débuts. Sans jamais tomber dans la démonstration, New Decade joue sur les contrastes : tension contenue, montées abrasives et accalmies trompeuses qui renforcent l’impact d’ensemble. Entre post-punk sombre et élans plus directs rappelant parfois Shame, l’album affirme une identité déjà bien en place et laisse entrevoir de belles marges d’évolution.
Fragile - Big Big Smile : Furibonds mais pas chétifs, les angevins se laissent porter et nous emportent dans la déconstruction du punk. Tantôt shoegaze ("Tiny Ghosts and Disco Lights"), émo ("Santander"), ou évolutif ("Wallflower"), on se retrouve au mileu de cartons de déménagement (sur lequels sont écrits "FRAGILE", vous suivez ?) et on recolle les morceaux. Et ça fonctionne puisque le rendu est forcément personnel, et pas déjà-vu. Un premier album aussi enlevé qu'assumé pour des jeunes loin d'être naïfs.
Zir Pachet - U De Fas : Lauréat de notre Sélection en 2021 avec un EP prometteur, Zir Pachet confirme aujourd'hui toutes les attentes avec un premier album intense et sans concession. La formation parisienne y déploie une musique tumultueuse, traversée d’une tension palpable dont jaillit pourtant une énergie farouchement revigorante. Difficile de cantonner le groupe aux seules étiquettes post-punk et noise rock : riffs dissonants entre Pixies et Sonic Youth, fulgurances post-hardcore à la At the Drive-In, éclats plus frontaux façon Turnstile… Le tout porté par une approche rythmique audacieuse, parfois teintée de nuances jazz lors de certains passages instrumentaux. Un chaos maîtrisé, dense et habité.
Le meilleur du Stoner / Doom / Psyché

YOJIMBO - Cycles : YOJIMBO est un groupe de stoner à tendance doom metal originaire de Strasbourg, qui propose avec Cycles, son tout premier album. Si la scène française regorge de formations talentueuses dans ce registre, plus rares sont celles qui atteignent un tel niveau de maîtrise dès leur entrée en matière. YOJIMBO fait sans conteste partie de cette catégorie. Cycles s’impose en effet comme un premier album solide, à la fois massif et nuancé, qui témoigne d’une vraie maturité d’écriture. Les Alsaciens y affirment une identité forte, portée par une production soignée et une dynamique générale très plaisante. Si quelques axes d'amélioration se dessinent encore, ils laissent entrevoir un très beau potentiel.
Liquid Bear - Second Life : Pour son premier album, le groupe originaire de la région parisienne a condensé son propos pour affiner son savant mélange de prog’ estampillé 70’s au croisement des univers sombres et percutants du grunge et du metal. Si ce nouvel opus s’avère plus concis et plus direct que les précédents EP, Second Life conserve les éléments distinctifs du groupe : guitare fretless, coulées d’orgue Hammond, synthétiseurs et drum machines. Si on apprécie la collection de titres particulièrement énergiques emmené par l’imparable riff nerveux et chromatique du single "Headless", le groupe touche en particulier l’excellence sur "All About You" en duo avec Eva Hägen de Grandma’s Ashes, un morceau qui vous hantera longtemps avec ses notes de guitares en suspension servant un refrain à la mélancolie terriblement accrocheuse. Les Français confirment bien avec ce premier album tous les espoirs placés en eux.
Grandma's Ashes - Bruxism : Si le trio français issu de la scène alternative parisienne s’amuse depuis son premier E.P à bouleverser les classifications établies avec un savant mélange de rock, de stoner et de metal, les franciliennes passent avec ce second album un cap majeur, bien au-delà des espérances que le précédent opus avait pu nourrir. Pensé comme un exutoire visant à canaliser toutes ces émotions négatives, les Françaises livrent ainsi un album à l’expression plus brute et viscérale, les passages en growl participant de ce point de vue d’une évolution assez marquante et parfaitement maitrisée vers le registre metal. Le titre "Dormant" est révélateur de l'excellence de ce cru 2025, d’abord avec la beauté souveraine de sa première partie acoustique puis avec la déflagration métallique qui suit, portée par un chant guttural désarmant, la cadence infernale de la batterie et le tremolo picking oppressant, le tout entrainant l’auditeur vers un abîme glacial et suffocant. Le deuxième album du trio parisien est ainsi une véritable réussite et l’un des meilleurs albums français de l’année 2025. Aussi puissant émotionnellement qu’instrumentalement, il représente l’aboutissement d’un choix payant avec un virage osé vers le metal dont les attributs permettent encore davantage au groupe de lâcher la bride et de prendre son envol.
Le meilleur du Rock Instrumental

BRUIT ≤ - The Age of Ephemerality : Avec ce nouvel album les Français font preuve d'un état d’esprit toujours aussi engagé qui se passe de mots avec des compositions instrumentales au storytelling léché baignant dans une esthétique post-rock affirmée. On retrouve au coeur de la musique des Toulousains des contrastes saisissants entre une avalanche de larsen aux accents industriels symbolisant l’avènement de la société dystopique (percussions électroniques syncopées, bruits de logiciels en tout genre) et passages aériens plus doux et organiques conviant cordes, orgue et chœurs grégoriens. Ces alternances de tons permanentes créent la surprise avec des compositions aux structures non linéaires qui mêlent violence et apaisement dans un même mouvement. Avec cette expérience musicale troublante et dérangeante qui nécessite une immersion totale de l’auditeur pour en apprécier toute la richesse, les Toulousains prouvent qu'ils ne craignent pas de faire du BRUIT ≤ pour défendre des causes sociales et politiques essentielles.
Maudits - In Situ : Moins d'un an après la sortie de son dernier album, le groupe de post-metal parisien nous invite une nouvelle fois dans son univers sombre, toujours dominé par une beauté mélancolique et crépusculaire. Pour ce quatrième opus studio, le groupe a changé ses habitudes avec une approche musicale plus directe et spontanée mais également dans l'intégration de deux titres chantés. On retrouve néanmoins dès le titre d'ouverture "Leftovers" tous les ingrédients qui façonnent l'identité musicale du groupe, alternant finesse mélodique et puissance instrumentale avec un superbe travail de superposition des lignes de guitare au service d'une forte dimension cinématographique. Des qualités qui permettent à Maudits de s'affirmer une nouvelle fois comme l'un des groupes de post-metal français les plus en vue.
Within Fractals - Samsara : Grâce à une approche expérimentale et immersive, à la croisée du post-rock et du metal progressif, Samsara déploie une musique qui laisse libre cours à l’imagination. Le groupe façonne des ambiances avec un soin méticuleux, jouant sur les dynamiques et les contrastes jusqu’à atteindre par moments une ampleur cinématographique. La montée en intensité se fait crescendo, développant des mélodies à tiroirs régulièrement traversées de déferlantes metal-prog d’une rare virulence. Porté par un éventail d’influences si large qu’il en devient presque intemporel, le nouvel album des Francs-Comtois s’impose comme l’une des œuvres les plus ambitieuses de l’année, toutes catégories confondues.
Le meilleur du Metal (metalcore / post-hardcore)

Novelists - Coda : Coda scelle l'identité de Novelists dans une fusion éclatante de metalcore technique et d'élans mélodiques d'une pureté rare. Porté par la voix habitée de Camille Contreras, le disque navigue avec une grâce insolente entre la complexité du djent et une sensibilité moderne, faisant de chaque morceau un écrin de lumière et de vulnérabilité. En équilibre parfait entre puissance brute et clarté cristalline, Coda s’impose en référence du metal moderne hexagonal de l'année écoulée. Une œuvre lumineuse et organique, qui achève de transformer le groupe en un phare incontournable de la scène mélodique européenne.
LANDMVRKS - The Darkest Place I've Ever Been : Avec The Darkest Place I’ve Ever Been, LANDMVRKS ne se contente plus de dominer la scène metal française : les Marseillais incarnent en France l’explosion populaire du metalcore. Porté par une viralité fulgurante sur les réseaux sociaux et des prestations scéniques incendiaires ayant capté bien au-delà d’un simple public d’initiés, le groupe et cet album s’apparentent à un exutoire collectif géant. Il est fascinant, presque irréel, d’observer comment le metalcore a su, en cette année 2025, conquérir un public aussi massif, marchant dans les pas de l’onde de choc mondiale de Lorna Shore pour briser définitivement le plafond de verre des musiques extrêmes. Entre cassures rythmiques dévastatrices et refrains d’une efficacité redoutable, ce disque insuffle un nouvel élan musical, sur lequel LANDMVRKS s’affirme comme le fer de lance d’une scène qui n’a plus peur d’hurler sa rage à la face du monde.
Point Mort – Le Point de Non-Retour : Point Mort est une formation parisienne qui propose une formule aussi audacieuse qu’imprévisible : un post-hardcore nerveux, associé à des élans pop galvanisants, le tout porté par un chant féminin schizophrénique, capable de toutes les métamorphoses (assez dément dans son registre guttural). Les morceaux s’étirent, se transforment, bifurquent sans cesse, accumulant ruptures et montées en intensité dans un tourbillon d’idées qui ne laisse aucun répit à l’auditeur. La violence des assauts rythmique se heurte à des accalmies presque contemplatives, donnant à l’ensemble une amplitude émotionnelle rare. L’album fascine à chaque nouvelle écoute et s’avère aussi éreintant qu’impossible à décrocher. Une des révélations les plus décapantes de l’année !
Le meilleur du Metal (death metal / black metal)

The Great Old Ones - Kadath : Plus que jamais ancré dans ses racines black-metal, The Great Old Ones poursuit avec Kadath une cohérence rare son œuvre de mise en sons de l’imaginaire lovecraftien, en livrant un album aussi ambitieux que maîtrisé. Véritable odyssée onirique, ce cinquième chapitre conjugue la rigueur d’un black-metal exigeant à une écriture profondément atmosphérique, pensée comme un voyage plutôt qu’une simple succession de titres. Kadath s’impose alors comme une évidence hors du temps, un disque qui continue de hanter et d’irriguer près d'une année après sa sortie. Couronnement sombre et incantatoire, il s’affirme comme l'un des très grands albums de metal extrême français de 2025, consacrant The Great Old Ones en valeur sûre de la scène hexagonale, gardiens de la magie noire et architectes d’un abîme désormais incontournable.
Igorrr - Amen : Véritable tour de force d’écriture et de sonorités, Amen voit Igorrr transcender le chaos. Son auteur, Gautier Serre, orchestre ici une collision frontale entre baroque, metalcore et chants liturgiques, articulée avec une précision chirurgicale. Igorrr dépasse ainsi l’approche d’une musique purement expérimentale qui, à force d’être étirée, fragmentée et recomposée, s’affirme comme une identité sonore pleinement constituée. Amen devient dès lors comme l’un des sommets créatifs de 2025. Un album impressionnant qui consacre définitivement Igorrr en alchimiste suprême des genres inconciliables, capable de transformer le vacarme en incantation hallucinatoire.
Les Batards Du Roi - Les Chemins De L'Exil : Véritable recueil de sang et de boue, Les Chemins De L’Exil impose Les Bâtards Du Roi comme les héros d'une légende médiévale réinventée. Le groupe livre ici une fresque épique où la noirceur solennelle du black metal se fracasse contre l’urgence viscérale et l’insolence du punk. Ce disque est une marche forcée à travers les ronces, une épopée lyrique qui dépeint la chute des couronnes et la déshérence des parias avec une ferveur presque sauvage. En 2025, cette alliance contre-nature entre la rigueur de l'extrême et la fureur du punk définit une identité sonore unique : celle d'un Moyen-Âge qui ne se contemple pas dans les livres, mais qui se hurle dans la poussière levée par les sentiers traversés à tout à l'allure par le trio Orléanais. Une œuvre de fer et de venin, qui consacre le groupe comme les architectes d'un chaos ancestral, capable de faire résonner la révolte des oubliés à travers les siècles.
L'OMNI de l'année

Walter Astral - Eclipse :
Walter Astral est un groupe surprenant dont le premier album est aussi original qu’addictif. Ses deux membres ont l’air de hippies tout droit sortis des années 70 avec leur look cheveux longs, moustache et la tenue bigarrée qui va avec et marient Pop Rock psychédélique et Acid Techno tout en chantant en français des textes sur la nature, les astres ou des questionnements métaphysiques. On trouve de beaux arpèges de guitare classique mais aussi des mélodies orientales jouées au banjo et leur musique nous évoque aussi bien Air, King Gizzard and The Lizard Wizard ou Acid Arab, Steven Wilson remixé par Justice, Tom Morello en duo avec Skrillex, ou encore Pink Floyd avec Flavier Berger au chant. Eclipse allie audacieusement ambiances psychédéliques, sonorités orientales et beats dansants pour un résultat aussi planant qu'entrainant. On a hâte d’entendre la suite !
Les plus belles trouvailles de La Sélection Albumrock

Selon le même principe que les années précédentes, nous vous proposons une sélection des plus belles découvertes issues de notre concours La Sélection Albumrock.
Attic Birds - Beyond The Waves : Trois ans après son premier album Let's Talk About People, Attic Birds revient avec six morceaux mélancoliques et solaires, nostalgiques et dansants, réunis sur son EP : Beyond The Waves. Le groupe lillois jongle habilement entre introspection et légèreté avec des sonorités indie, rock et pop rafraîchissantes. Cette dualité se traduit par des titres dynamiques teintés d'une douceur au spleen assumé comme sur "Don't Hold Me Back" où le synthé, la guitare et la voix créent une atmosphère poétiquement pop. L'écoute de l'EP, à la fois agréable et rapide, nous rappelle irrémédiablement nos souvenirs d'été et leurs différentes saveurs. Inspiré par Kings Of Leon, Radiohead, Foals, Two Door Cinema Club, Interpol et Editors, Attic Birds a néanmoins sa propre identité, enrichie par un univers cohérent et visuellement appréciable.
Lifeboats - Blossom Serenade : A l'écoute des premières secondes de "Untrustful", difficile de ne pas penser aux Melvins. La saturation est au rendez-vous et le punk flirte ici avec le metal. Sur ce point, les habiletés vocales du chanteur sont impressionnantes. L'atmosphère sombre bien maîtrisée de ce premier morceau suffit à retenir l'attention. On découvre alors "Old Habits" et "Way Out" qui mettent en opposition une brutalité réjouissante avec des refrains proches du pop punk. Même constat sur "Tears Me Up" qui véhicule peut-être même encore plus d'énergie. Autre contraste, l'écart entre l'esthétique de la couverture et celle de la musique, couleurs chaudes et petites fleurs (on parle tout de même d'une Blossom Serenade) contre émotions violentes en pleine expurgation. Tout ça donne envie d'en entendre plus de ces canots de sauvetage qui semblent aller non pas sur une étendue placide mais bien sur un flot déchaîné !
Anasazi - Universe 25 : Pari réussi pour Anasazi ! Si le groupe de metal originaire de Grenoble n'en est pas à son premier essai, il sort en 2025 un opus entièrement instrumental dédié à Frédéric Thévenet, co-fondateur du groupe en 2004. Sous l'impulsion de Mathieu Madani (guitares, basse, claviers) et Anthony Barruel (batterie), ce nouvel album à l'orientation post-rock met davantage encore l'accent sur le développement d’atmosphères variées servies par de nombreuses variations d’intensité. On est ainsi happé dès les premières secondes de l'album par ce beau thème de guitare acoustique qui annonce des développements fulgurants entre passages lumineux et explosions électriques glaçantes. C'est bien dans les morceaux les plus longs que s'exprime tout le potentiel de l'album et son caractère très cinématographique, à l'image de l'angoissant titre éponyme qui brille par la lourdeur asphyxiante de ses lignes de guitare et ses massifs soubresauts rythmiques. Si se passer du chant de Mathieu Madani n'était a priori pas chose aisée, le groupe occupe l'espace avec une forte densité sonore et fait preuve de suffisamment d'inventivité dans la structure de ses compositions pour ne pas nous lasser. Une belle incursion dans le post-rock !
La mention spéciale

Red Cloud - This is not an Album : Comme son nom l’indique, ce deuxième opus de Red Cloud n’est pas à proprement parler un album, mais une compilation de morceaux dévoilés au fil de 2024. Le groupe parisien - que nous avions déjà mis à l’honneur lors de nos Contre-Victoires 2023 - relevait alors un pari ambitieux : publier huit clips en un an, chacun mettant en lumière une facette différente de son univers. Toujours nourrie d’une fibre nostalgique, la musique du combo convoque des figures prestigieuses comme Led Zeppelin, Jefferson Airplane ou Janis Joplin - une filiation renforcée par la voix rocailleuse et habitée de sa chanteuse. Production soignée, solos inspirés, énergie communicative : la recette fonctionne toujours aussi bien. Plus frontal depuis son léger remaniement d’effectif - voyant l’orgue Hammond troqué par une deuxième guitare -, le son gagne en mordant sans pour autant perdre en groove. Un second essai convaincant pour un groupe qui continue d’élargir sa palette avec assurance.
C'est ainsi que s'achève ce dossier consacré aux réalisations de la scène hexagonale. Une année 2025 de grande qualité, qui confirme encore une fois que le rock "made in France" n'a pas dit son dernier mot.
Et si vous n'êtes toujours pas rassasiés - musicalement parlant -, vous pouvez à tout moment consulter nos dossiers antérieurs : 2020, 2021, 2022, 2023 et 2024.







