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Critique d'album

All Them Witches


Nothing As The Ideal


(04/09/2020 - New West Records - Blues, stoner, psyché - Genre : Rock)
Produit par Mikey Allred

1- Saturnine & Iron Jaw / 2- Enemy of My Enemy / 3- Everest / 4- See You Next Fall / 5- The Children of Coyote Woman / 6- 41 / 7- Lights Out / 8- Rats in Ruin
Note de 4.5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Et la magie de All Them Witches devient grandiose"
Julien, le 12/10/2020
( mots)

La nuit épouse l’angoisse. Alors se cristallisent les peurs, celles qui doivent être contenues à l’intérieur d’un imaginaire naviguant dans des sentiers à la violence fascinante pour atteindre les terres de la quiétude. La nuit est propice à ces instants d’inattention où les cartésiens s’assoupissent, où le monde réel s’évapore pour laisser place à la magie. Une magie noire génératrice d’un fil d’ombre qui oriente les âmes dans leur recherche du néant.
Le rien comme idéal. 


Les guides de cette dérivation viennent de Nashville, Charles Michael Parks Jr, Ben McLeod et Robby Staebler réapparaissent chaque année depuis 3 ans, à l’heure de refermer les portes de l’été, dans un cycle de trois albums, à la logique implacable, au sein desquels la lumière a peu à peu disparu. La clarté de Sleeping Through The War en 2017 devenait crépusculaire en 2018 sur ATW, cette fois elle disparait totalement avec Nothing As The Ideal. Ce rayonnement dans la musique de All Them Witches s’est effacé en même temps que la présence du clavier s’est estompée pour, aujourd’hui, ne plus du tout exister. La bande du Tennessee se présente depuis bientôt deux ans sur scène (on pensera ici à leur première partie sur la tournée européenne de Ghost à l’automne 2019) en trio après avoir remercié Jonathan Draper : seconde, et probablement, dernière tête coupée d’un claviériste dans la formation américaine.
Un choix tout aussi risqué qu’audacieux au regard de la place de l’instrument dans la signature et dans l’identité sonore des américains. Le premier album : Our Mother Electricity, et plus particulièrement le titre “Heavy Like A Witch”, sont le parfait exemple du poids du clavier dans les apparats rock-blues-psychés que le groupe arbore dès ses débuts. 


L’orientation musicale est à repenser. Elle amène All Them Witches à s’éloigner du pays de l’Oncle Sam pour enregistrer dans le mythique studio Londonien d’Abbey Road. C’est donc ici que la lumière disparaitra complètement.
Une plongée dans l’obscurité explicite ; matérialisée dans un titre : “Lights Out”.
Choisi pour être le troisième single extrait de l’album qui nous intéresse aujourd’hui, le titre est bâti autour d’un riff bestial, carrément oppressant, surplombé par le chant de Parks. La voix accompagne admirablement la lourdeur mêlée de la basse et de la guitare dans une atmosphère à l’air sombre qui nous envahit tout au long des huit compositions qui forment ce disque. Cette épaisseur sonore est l’un des crédos de ce Nothing As The Ideal et aussi sa vraie réussite. Les riffs des titres comme “Lights Out”, “41” ou “Saturnine and Iron Jaw” sont des armes acérées à l’efficacité implacable. Un registre carrément heavy pour des titres qui ne tombent jamais dans la caricature ou la vulgarité grâce à la maitrise vocale de son chanteur qui ne cesse de progresser dans le registre au gré des sorties d’albums, et grâce à un son travaillé à la perfection. “41”, peut-être la meilleure piste de l’album, joue parfaitement ce jeu fait de la justesse entre mélodie et force vocale qui sait aussi s’effacer pour laisser libre expression à son riff chirurgical ou à ses arpèges bâtis dans la distorsion et qui servent de pont entre les différentes parties du morceau. Dans cette nuit à la sauvagerie ambiante “Enemy Of My Enemy” s’avance comme un tueur qui répète inlassablement ses gammes. Sa maitrise parfaitement acquise, il laisse son art s’exprimer dans toute sa folie pour une minute trente de délicieuse schizophrénie frénétique. 


La dernière production du trio de Nashville ne se résume pas qu’au son lourd du combo guitare/basse. Le groupe utilise et distille de façon remarquable la profondeur de leurs couleurs musicales au travers de l’instrument à six cordes en l’exploitant dans une panoplie de genres et ambiances qu’illustre à merveille le morceau d’ouverture “Saturnine And Iron Jaw” avec sa délicate introduction bluesy.
Vous l’aurez compris la guitare est l’instrument de prédilection sur cette dernière production de l’ex-quatuor et son mentor y caresse merveilleusement toutes ses nuances.
Nouvel exemple avec le titre “Everest” qui la voit s’offrir ici un savoureux interlude, en solo, véritable frontière entre la brutalité et la plongée onirique dans le psychédélisme si caractéristique de la bande de Charles Michael Parks Jr.
Ce pas franchi nous amène dans une région où l’atmosphère semble plus apaisée. En réalité “See You Next Fall” s’ouvre dans une ambiance floue rendue carrément anxiogène par des voix tapies dans la brume dont on peine à comprendre les mots. On referme la porte d’une terreur grandiose : neuf minutes passées à se débattre à l’intérieur d’un environnement tout aussi épais qu’inconfortable pour enfin trouver un peu de paix et de chaleur avec “The Children Of Coyote Woman”.
Une enivrante pause apaisante se dégage de l’acoustique de ce titre où Charles Parks nous berce dans un texte tout aussi mystique qu’intriguant qui voit les bons garçons disparaitre dans les oubliettes de la vie (“Good old boys in the oubliette of life”). Ce morceau fait partie de ceux qui ont fait dire au groupe, avant la publication de leur dernier opus, que les fans ayant acclamé l’album sorti en 2015 : Dying Surfer Meets His Maker allaient être obsédés par Nothing As The Idea. On retrouve effectivement dans la balade “The Children Of Coyote Woman” les sonorités folkloriques entendues 5 ans plus tôt sur “Open Passegeways” et la conclusion de ce dernier album : “Rats In Ruins”, reprend une architecture similaire à “Talisman” dans tout ce qu’elle a de captivant. 


Une reconstruction probante, et ô combien réussie, en trio, alliée à une maitrise absolue de leur son et à une nouvelle capacité (assez incroyable) à plonger l’auditeur dans une ambiance telle qu’elle suffirait à dire que la bande du Tennessee a produit ici son meilleur effort.
Mais les gars de Nashville ne se sont pas arrêtés là.
All Them Witches nous montre ici que si l’obscurité et la nuit sont sublimes et séduisantes la beauté est rarement douce et consolatrice, au contraire, la véritable beauté est toujours très inquiétante. 

Avis de première écoute
Note de 4/5
Un très bel album crépusculaire, varié, hanté, maîtrisé, entre stoner chamanique et moments de pur relâchement contemplatif. Quelques instants un peu plus dispensables, notamment des interludes à rallonge qui n'ajoutent pas grand-chose. Néanmoins rien qui ne doive vous empêcher de vous jeter sur ce superbe album.
Commentaires
sethsur7, le 13/10/2020 à 20:50
Un sublime album, de bout en bout, qui mérite qu'on l'écoute sans rien faire d'autre à côté. C'est à se demander si ce groupe est capable de pondre une chanson passable. Le final de Rats in Ruin est beau à pleurer...
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