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Compte-rendu de concert

Roger Waters


Date : 14/07/2006
Salle : Circuit (Magny Cours)
Première partie :
Hélène, le 21/07/2006
( mots)
C'est étrange comme le monde, notre monde, peut parfois sembler tourner autour d'une seule chose. L'avenir proche est constitué d'un concert de Roger Waters, et Syd Barrett meurt du diabète. Pink Floyd ! Le Rock n' Folk du mois fait un dossier spécial sur eux, intéressant, tournant autour de plusieurs facettes de groupe mythique, poussant certaines analyses jusqu'à un paroxysme psy. Pas de ça ici, juste une tentative de retransmettre les émotions vécues, vendredi 14 juillet, ce qui me semble déjà un accouchement difficile. On est en 2006, et le grand prix de Magny Cours fête ses 100 ans. Ils nous ont décroché la lune promettent-ils. Quoi de plus beau que d'offrir un concert de Roger Waters ? (Oui, quoi en effet ? Un strip-tease de Jacques Villeneuve ? nannnn...) Comment ont-ils eu cette idée merveilleuse ? Comment ont-ils eu l'idée saugrenue de choisir Laurent Voulzy comme première partie ? Toujours est-il que la FFSA fait venir Roger Waters pour jouer, entre autres, l'intégralité de The Dark Side Of The Moon, et pour faire vraiment l'exception, Nick Mason vient en prime pour la 2ème partie du concert. (Attiré par son amour des belles voitures paraît-il). Un concert assez exceptionnel pour que, comme bien d'autres personnes, je fasse mes 6 heures de train pour rejoindre Nevers. Puis avec mon frère shooté aux Floyd dans sa jeunesse, c'est lui qui m'invite, grand prince, on fait une traversée de la campagne niévroise des plus pittoresques, avec ralenti pour laisser passer la famille canard etc. On traverse la pochette d'Atom Heart Mother... L'orage est menaçant, et éclate dès notre arrivée sur le site, pour ne finir qu'avec l'entrée en scène de Waters, laissant une soupe de spectateurs sur le terrain. Tony Joe White est déjà passé, c'est Laurent Voulzy qui commence lorsqu'on arrive. Qu'en dire à part que "Rock Collection" a duré 25 minutes, qu'il pleuvait à verse, qu'il n'y a pas eu de rappel, et que ça a dû être plus dur pour lui que pour nous? Mais quelle idée aussi... Roger Waters arrive, classe, en noir : "Est-ce que vous êtes prêts ?" Bonne question, l'étions-nous vraiment ? Premières notes d'"In The Flesh", des milliards de poils se hérissent sur les 30000 corps du public. Pour expliquer ça, il faut parler de la pureté du son retransmis par des colonnes d'enceintes de 2000 mètres de haut disposées en cercle autour de nous, un son meilleur qu'en studio... Il faut parler de cette scène où déambulent Waters, 3 choristes, 4 guitaristes, un clavier et un batteur (qui ne déambulent pas trop en fait), de la toile de fond d'une mise en scène travaillée où s'affichent pour l'instant 2 marteaux croisés, des 3 écrans géants autour permettant de ne pas en louper une miette. Et puis, il y a aussi les installations pyrotechniques, rideaux de flammes et pluies d'étincelles, toujours utilisés à bon escient. L'émerveillement fait place à la compassion pour le deuxième morceau, "Shine on you crazy diamond", pendant laquelle sont simplement projetées des photos de Syd, pas de pathos, juste un hommage. Et puis, 3 chansons plus tard, "Wish you were here" introduite par cette phrase simple (toujours en français) "Evidemment cette soirée, elle est pour Syd" nous dit-il la gorge nouée. Je ne pleure toujours pas... Durant la première partie, sont évités soigneusement tous les morceaux de Dark Side Of The Moon ce qui laisse de la place pour beaucoup d'autre chefs d'œuvre. Il me revient en mémoire "Sheep" dont l'intro permet au génie de nous montrer ses talents d'imitateur de mouton. Il y a aussi "Mother", chanson poignante qui nous permet d'entendre chanter une des choristes. Et puis, il y a cette chanson dont j'ai mangé le nom sur la conquête spatiale, pendant laquelle un cosmonaute gonflé à l'hélium flotte devant les écrans géants accompagné par des dialogues lunaires dans les enceintes derrières nous. C'est toute une époque passée que j'entrevois alors. Beaucoup de chansons de The Wall dans cette première partie, un message politique toujours présent, dans les paroles, ou dans les images projetées, photos de Bush, de Ben Laden dans une maison désertée... Je me souviens aussi d'un morceau commençant par le son des mouettes et finissant par la vidéo d'un tir de missile de sous-marin, provoquant une explosion que l'on a tous ressenti dans la moindre partie de nos corps, la terre a tremblé, les projecteurs sont devenus rouge feu, le bruit assourdissant. Incroyable... Et puis aussi, une chanson, une histoire de Waters lui-même. Il nous raconte qu'à 17 ans il avait relié Paris et Beyrouth en stop, et avait été pris par une famille d'irakiens qui s'étaient montré très généreux envers lui. Il y a 3 ans, Bush déclare la guerre à l'Irak, et Waters cherche et retrouve cette famille, et écrit une chanson pour raconter ça. Cette chanson est accompagnée de l'histoire en bande dessinée noir et blanc, projetée sur l'écran du fond. Des bulles rondes montrent les dialogues et exprime la pensée du jeune autostoppeur qui est transformé par cette générosité, et qui remet ainsi en question sa vision du monde. Des bulles carrées avec la ou les pointes dirigées sur le chanteur ou les choristes retranscrivent les paroles de la chanson. Beaucoup d'émotions passent dans cette chanson, surtout avec l'actualité internationale du jour même, mais d'une manière simple, avec humilité presque. Et puis, c'est l'entracte. Roger Waters part se reposer 10 minutes. Dix minutes qui permettent de reprendre pied dans la réalité, de sortir de la matrice sonore pour mieux y replonger lorsqu'il revient avec Nick Mason qui s'installe à la deuxième batterie. L'écran carré a fait place à un écran rond entouré de projecteurs, celui-là même que l'on voit sur toutes les photos des concerts de Pink Floyd. Sur cet écran défilent des images d'aurores boréales tandis que l'air se remplit de bruits d'hélicoptères nous entourant "Breathe"... moment planant, on recommence à oublier qu'on existe, tellement remplis du son. Puis, c'est le stress de "On the run", les bruits de pas, toujours les panoramiques sonores, les loopings qui prennent possession de nos sens. Et enfin la libération grâce aux 10000 carillons de "Time"... ce soir-là, j'ai été une horloge... c'est là que je pleure ... ce n'est pas un morceau particulièrement poignant, mais toute cette pureté, chaque coup sur la batterie de Nick Mason résonnant parfaitement, tout semblait tellement à sa place, même les horloges qui défilent sur l'écran. Viennent ensuite les solos vocaux de la choriste pendant "The Great Gig In The Sky". Dois-je continuer à raconter la suite, la merveilleuse "Money" pendant laquelle Waters ne chante pas, lançant la place à d'autres comme sur quelques morceaux de cette deuxième partie. Le guitariste Dave Kilminster, couvert de cheveux et de bijoux qui semble en transe pendant tout le concert, et qui tâte quand même pas mal. Le retour du trip planant pendant "Us and Them". Puis vers la fin, cette phrase de "Brain Damage" qui n'est pas sans rappeler une fois de plus l'incroyable empreinte de Syd Barrett sur ce groupe, "There's someone in my head, but it's not me", et sa présence très forte à ce concert, le rire final du morceau semble être le sien. Fin du concert, on redescend sur terre. Mais personne n'y croit, et pour cause, le groupe revient en rappel nous chanter, nous laisser chanter "Another brick in the wall", enfin les quelques morceaux entourant les part 1 et part 2. Un dernier sursaut de bonheur de quelques minutes toujours trop courtes. Vraie fin d'un concert qui me laisse quelques certitudes : je n'avais jamais vécu un moment pareil à un concert, s'ils repassent, j'y retourne même si c'est à 3 fois plus de distance, Roger Waters est infiniment plus beau que dans sa jeunesse...
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