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Compte-rendu de concert

Damon Albarn


Date : 28/03/2025
Salle : ()
Première partie :

Goethe a écrit une suite à La Flûte enchantée de Mozart ? Intéressant. Elle va être jouée au théâtre du Lido ? Pourquoi pas. Damon Albarn en sera le compositeur ? Curieux.

Autant de réflexions qui m’ont amenée à me réserver une place sans la moindre idée de ce que j’allais voir.  

Camille, le 03/04/2025
( mots)

Blur, Gorillaz, Africa Express, The Good, The Bad and The Queen, Rocket Juice and the Moon … Damon Albarn ne s’arrête jamais. Une trentaine d’années qu’il multiplie les projets avec curiosité, passion et une hyperactivité créative qui le mène là où on ne l’attend pas. Comme un opéra électronique se voulant être la suite de La Flûte enchantée, d’après un livret inachevé de Goethe. Quelle aventure ! 

L’étrange idée vient de Jean-Luc Choplin, directeur du Lido, qui en découvrant le scénario du père du romantisme allemand, songe à deux personnes pour lui donner vie. Jeremy Sams pour la mise en scène et Damon Albarn, avec qui il avait collaboré au Théâtre du Châtelet en 2007 pour Monkey, Journey to the West, pour la partition. Des opéras pop, le génie britannique, en a déjà écrit (Dr Dee, 2012 ; Le Vol du Boli, 2020). Alors, pourquoi ce projet me paraît-il aussi déconcertant ? Sans doute parce qu’il s’attaque à l’une des œuvres les plus célèbres de Mozart avec une approche qui relève presque de l’oxymore lorsqu’on assemble : opéra et électronique. Albarn, lui, évoque l’absurde quand on lui demande pourquoi il a accepté la proposition de Choplin. "Suivre Mozart et, en plus, écrire son premier vrai opéra, c’est ridicule n’est-ce pas ? Mais je me suis dit que c’était tellement ridicule qu’il fallait au moins essayer".

 

Me voilà donc au théâtre du Lido à Paris, le 28 mars 2025, pour la deuxième représentation sur quatre. La salle est comble et les coupes de champagne pleines. Les lumières se tamisent, les musiciens entrent sur scène et rejoignent leurs synthés. Le spectacle commence. Les basses résonnent, un large écran diffuse des formes et des figures, les personnages apparaissent : nous sommes dans une rave party. Le ton est donné. 

Tamino et Pamina, drogués, perdent leur enfant à cause d’une malédiction. Papageno et Papagena deviennent parents de plusieurs enfants-oiseaux. La Reine de la nuit reproche à sa fille de ne pas être une bonne mère et Sarastro prodigue toujours ses conseils. Le tout sur fond musical électro avec comme inspiration première et assumée Kraftwerk, grand groupe novateur allemand des années 1970. Ainsi, deux univers se confondent : chant lyrique et synthétiseur. Un mélange troublant au minimalisme instrumental parfois atonal et au parlando classique. 

Je me questionne pendant soixante-quinze minutes. Est-ce trop avant-gardiste pour moi ou pas assez ? J’ai le sentiment d’être face à une œuvre qui se voudrait subversive mais qui, en reprenant des codes qu’on a tellement vus, ne parvient pas à me convaincre. Les personnages prennent un rail de coke, la Reine de la nuit est jouée par un homme, les costumes (réalisés par Missy Albarn) sont extravagants, le message est grave : l’homme est destructeur, les enfants sont l’avenir… Que des clichés accompagnés d’une musique inégale, partagée entre le talent des interprètes et une angoisse électronique. Je suis au cœur d'une dystopie futuriste qui aurait été écrite dans les années 1980. 

 

Damon Albarn a longuement été applaudi. L’ovation tenait-elle de l’opéra ou de sa personne ? Je répondrai de l’ensemble de sa carrière, à laquelle s’ajoute un nouvel album de Gorillaz prévu pour cette année 2025. 

 

Commentaires
BlurryFace, le 03/04/2025 à 20:53
Merci, je suis également allé voir cet opéra et je ne savais pas quoi en penser... Maintenant je sais que je ne suis pas seul