Superfood
Don't Say That
Produit par Al O'Connell
1- Lily For Your Pad To Rest On / 2- You Can Believe / 3- Superfood / 4- TV / 5- Pallasades / 6- Mood Bomb / 7- i / 8- It's Good To See You / 9- Don't Say That / 10- ii / 11- Melting / 12- Right On Satellite / 13- Like A Daisy
Superfood est un groupe aux comparaisons superfaciles. Au cœur de leur musique, on retrouve sans détour des miettes de l’acid house mancunienne du milieu des années 80 et toute la génération 90ies bien mâchée, soit la crème des super hits Brit pop d'une ère sacrée. Des Stone Roses à Blur, le quatuor pioche allègrement dans un héritage sans en changer les codes. C’était déjà le cas sur leur Ep Mam qui annonçait largement la couleur. Refaire du vieux avec du neuf, mouais. Prenez garde les bambinos, beaucoup s’y sont cassé les chicots.
On pourrait croire les Superfood issus de La Manchester Music City. Dommage, les gamins sont de Birmingham mais se montrent bien décidés à faire danser la populace comme au temps des clubs. Dès le début du premier titre, l’album est étiqueté. On se prend un relan de Ian Brown dans le museau avec le streetwear "Lily For Your Pad To Rest On". Attendu mais redoutablement dansant. La basse est louvoyante à faire groover à peu près n’importe qui. Cet esprit feel good se retrouve plus tard sur "TV" et "Mood Bomb", un peu niais mais qui fait le job. L’influence de ce cher Albarn ne tarde à se manifester sur "It’s Good To See You In The Morning" qui est le parfait petit frère de "Country House".
Bien sûr depuis les 90ies le temps ne s’est pas arrêté, il y a eu du passage, et Superfood est empreint également de ce "twist" salutaire qui le sauve du pastiche pénible. On retrouve sur l'album des accents d'Arctic Monkeys, Beck ( "Don’t Say That ") ou encore Jagwar Ma qui ont déjà remué le terrain Oasis-Supergrass-gros-sourcils-baggy-et consort et en ont un peu changé la teinte, l’ont inévitablement modernisé. Sur le titre éponyme se trouve certainement la plus nette démarcation portée par la belle voix de falsetto de Dom Dangerton (voix fantaisiste qu'il aurait fallu sans doute davantage explorer) . Plus loin "Right On Satellite" sauve l’enchainement des titres dispensables de la fin ( "Melting", "Like A Daisy") avec sa guitare claire Smithienne bien envoyée.
Dangereux de ressortir les recettes à l'origine de groupes cultes et qui ont marqué un golden age anglais. Mais les jeunots de Superfood ont su ici jouer leur Topchef et servent une assiette présentable, apportent du relief et du goût au sunday roast/yorkshire pudding dominical du pub. Le piège de la redite est de justesse évitée, l’ensemble est gourmand (avé l'assen) même si loin d'être ingénieux et mémorable.
Superfood c’est de la boustifaille goûtue mais un peu grasse sur les bords. A déguster avec l’amie modération pour éviter que ça reste sur l'estomac.