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Critique d'album

Uriah Heep


Demons and Wizards


(19/05/1972 - Bronze Records - Hard Rock / Progressif - Genre : Hard / Métal)
Produit par Gerry Bron

1- The Wizard / 2- Traveller in Time / 3- Easy Livin' / 4- Poet's Justice / 5- Circle of Hands / 6- Rainbow Demon / 7- All My Life / 8- Paradise / 9- Spell
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Uriah Heep à son apogée"
François, le 05/02/2022
( mots)

De prime abord, l’arrivée de Roger Dean à l’illustration pouvait laisser imaginer un tournant purement progressif pour Uriah Heep. En fait, il signe plutôt un accomplissement dans le registre hybride que le groupe propose depuis les débuts de sa carrière, le Heavy-prog’, fusion des deux genres phares nés à la fin des années 1960 (le hard rock et le rock progressif) dont on trouve ici un des exemples les plus aboutis. Dans ce genre, seul Atomic Rooster pourrait prétendre à un respect équivalent, Deep Purple n’ayant jamais vraiment été progressif si ce n’est dans la longueur de certains titres ou dans ses débuts psychédéliques.  


Uriah Heep est donc un groupe qui mêle les genres, qui sème le trouble, de même que la magnifique pochette épique perd son sérieux et cache avec facétie, en haut à gauche, des organes sexuels masculin et féminin en plein orgasme diluvien. D’un côté les univers fantastiques chers au progressif, de l’autre l’outrance provocatrice du Hard-rock. 


Sommet du groupe donc, Demons and Wizards marque également des changements dans la composition d’Uriah Heep qui atteint peut-être ici son line-up optimal. C’est d’une part l’arrivée de Lee Kerslake à la batterie, de l’autre celle de Gary Thain à la basse, instrument qui prend une place de plus en plus importante dans l’esthétique de la formation. 


On l’entend dès le diptyque "Paradise"/ "The Spell", longue pièce qui confirme l’ambivalence progressivo-heavy du combo : la première partie, "Paradise", est très légère, dominée par la guitare folk et surtout par les notes résonnantes d'une basse éthérée, tandis qu’une subtile transition permise par des claviers plus rugueux mène à "The Spell". Son premier mouvement (qui revient au final) en forme de boogie est une facétie, puisque l’essentiel du titre est dans un registre épique aux notes de guitare planantes, qui monte en puissance. Autre pièce plus typiquement progressive, "Circle of Hands" rivalise de chœurs et d’orgues ampoulées, allant vers des registres purement symphoniques au moment du solo, le jeu de basse aidant à lui donner un côté yessien. 


Du reste, c’est vraiment quand on prend l’album dans son intégralité, comme un long fleuve cohérent, qu’on se rend compte des variations permanentes entre les registres et les styles, toujours au profit d’une densification des différentes pièces, sans jamais négliger leur efficacité mélodique. L’ouverture se fait sur la magnifique pièce folk "The Wizard" qui s’amplifie à travers des claviers apportant une dimension fantasmagorique, puis le groupe joue régulièrement sur des ambiances contrastées ("Poet’s Justice"). 


Souvent comparé à Deep Purple, Uriah Heep brille dans un style à la mode, le Hard-rock à claviers analogiques. C’est ce qui ressort principalement des trois premiers albums, notamment de Look at Yourself, et qu’on retrouve sur l’excellent "Easy Living", chef-d’œuvre absolu. Néanmoins, il semble qu’on puisse mettre en avant la subtilité et la richesse dans la composition, au niveau des mélodies comme de la complexité du jeu ou des structures : "Traveling in Time" illustre très bien cet aspect. Ainsi, c’est ce qui fait de "All My Life" un morceau un peu à partcar très direct et bluesy dans son approche, peut-être plus proche d’un Led Zeppelin. 


Finalement, c’est le très lent et inquiétant "Rainbow Demon" qui résume le mieux l’ambition d’Uriah Heep. La mélodie à l’orgue mise en relief par la saturation de l’instrument et le reste de l’orchestre appuyant la première note, puis le chant feutré des couplets place le titre entre les deux styles ici parfaitement fusionnés. On pense à "Gypsy", issu de leur premier album, notamment par le riff appuyé, mais dans une version sublimée, transcendée. Ecoutez comme se marient parfaitement le chant choral, les plans de basse ou le solo de guitare avec les claviers très présents. Simple comme du Hard-rock, fin comme du progressif. Parfait. 


Pour Uriah Heep, 1972 fut l’année où sortirent deux albums illustrés par Roger Dean, deux opus parfaitement équilibrés entre rock progressif et Hard-rock, deux symboles musicaux des débuts de la décennie. Véritable moment de grâce pour un groupe dont l’inspiration périclitât ensuite petit-à-petit, expliquant son statut définitif de second couteau dans l’histoire du rock. 


A écouter : "Easy Linvin’", "Circle of Hands", "Rainbow Demon", "The Wizard"

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