
Rétrospective : 1997, c'était pas mal
Voilà trois semaines que le rédac chef nous harcèle, sur le forum, par mail, par mp, par SMS, voire même par pneumatique et télégraphe, sur le refrain « coco, il nous faut ton palmarès 2017 pour boucler le best-of global de la rédaction ». Voilà trois semaines que l’on fixe notre feuille blanche, que l’on fait tourner mollement les playlists sur I-tunes, que l’on consulte les disques glanés ces derniers mois en écartant rééditions plantureuses et achats impulsifs. Et à chaque fois, toujours le même vide au moment de sélectionner quelques efforts marquants, tant les déceptions, les come-back inutiles et les albums sympathiques-mais-pas-transcendants n’ont cessé de rythmer une année musicale très pauvre en sorties rock stimulantes.
Alors, histoire de retrouver un peu d’entrain, on a mis en branle la machine à remonter le temps, on a sorti les piles de CD poussiéreux et les repressages vinyles flambant neufs, et on a amorcé un bond arrière de deux décennies, celle de notre adolescence gauche et empruntée, où le rock restait encore un vaste continent inexploré, peuplé de dieux inaccessibles et riche de mille promesses. L’historiographie officielle est pourtant formelle : entre le suicide du Kurt Cobain (1994) et l’avènement des Strokes (2001), le rock était entré dans un long sommeil. Une revue d’effectif du millésime 97 oppose un désaveu tonitruant à cette antienne rabâchée par de vieux rock critics fatigués. Pas aussi culte que 91, moins dense que 92 et 94 mais aussi riche que 95 et 99, 1997 est un bon cru, passionnant à réexplorer car il s’agit d’une année de transition : la britpop livre ses ultimes chefs-d’œuvre, fier emblème d’une Grande Bretagne en forme olympique face à une Amérique groggy (le néo-punk californien sous-performe, la scène alternative est en complet déclin), la techno explose dans les charts et le rock y puise une nouvelle jeunesse, injectant quelques riffs de guitare corrosifs dans les circuits des samplers, tandis que le néo-metal prépare doucement mais sûrement son futur règne.
Entre classiques définitifs, œuvres aujourd’hui mineures, heureuses confirmations, pépites oubliées et gamelles monumentales, 1997 s’est révélée opulente et prolixe. Ça valait bien une petite rétrospective. Voici donc une sélection de 25 albums passés au crible, excavés, réécoutés, réévalués, alignés avec soin et en toute subjectivité, sans hiérarchie (les disques sont rangés par ordre chronologique, suivant leur date de sortie en Hexagone). Rendez-vous est pris pour 2037, où l’on mesurera avec vingt années de recul si on n’avait décidément rien compris à cette morose 2017.
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