↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

The Pineapple Thief


It Leads To This


(09/02/2024 - Kscope - New Prog - Genre : Rock)
Produit par

1- Put It Right / 2- Rubicon / 3- It Leads to This / 4- The Frost / 5- All That's Left / 6- Now It's Yours / 7- Every Trace of Us / 8- To Forget
Note de 4/5
Vous aussi, notez cet album ! (18 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 4.0/5 pour cet album
"Nouveau braquage en règle pour le voleur d'ananas"
Quentin, le 19/02/2024
( mots)



Après avoir sorti les vieux cartons et dépoussiéré son catalogue d’anciens titres sur Give It Back il y a deux ans, The Pineapple Thief revient en ce début d’année 2024 avec un 14ème album, toujours diffusé sur le label Kscope à grand renfort d’éditions collector au packaging onéreux. Il faut dire que l’arrivée en 2016 de l'un des batteurs les plus talentueux du marché actuel a donné un second souffle artistique et commercial au groupe, sur le point de raccrocher après la sortie de l'album Magnolia à la réception critique décevante.


L’arrivée de Gavin Harrison a également permis à Bruce Soord de partager le poids de l'écriture et la dynamique de création au sein du voleur d'ananas, avec un processus de composition plus collégial et une attention particulièrement portée sur la section rythmique, désormais l'une des plus séduisantes de la scène New Prog. Sorti en 2020, Versions of the Truth avait dans le même temps pu décevoir certains fans de la première heure, y compris au sein de la rédaction d'Albumrock, pourtant largement acquise à la cause de Bruce Soord et ses comparses, avec un album plus léger et calibré, aux accents moins épiques qu'à l'accoutumée. Exit les morceaux prenant le temps de développer une lente progression thématique, ce Pineapple Thief 2.0 s'avèrait définitivement moins progressif dans ses ambitions. De là à penser, pour ses détracteurs, que l'inspiration est en train de se tarir du côté du voleur d'ananas, il n'y a qu'un pas... Alors que vaut ce nouvel opus ?


En premier lieu, l’auditeur assidu qui aura suivi la carrière du Britannique depuis ses débuts sait que Bruce Soord n’est pas un grand optimiste par nature. Ce nouvel album ne déroge pas à la règle. Alors que Dissolution explorait la problématique du lien social à l’ère des nouvelles technologies, que Versions of the Truth questionnait la profusion et la versatilité des discours de vérité à l'heure du numérique, les thématiques de ce nouvel album sont une nouvelle fois centrées sur la marche trébuchante du monde. Bruce Soord y fait part de ses angoisses existentielles sur le devenir de l'humanité avec des paroles écrites comme le témoignage fataliste d'un cinquantenaire conscient du poids qui pèse désormais sur les futures générations pour sauver ce qui peut encore l'être.


Ensuite, il résulte du faible nombre de morceaux (seulement 8) une impression de densité qui pouvait certainement faire défaut à l'album précédent. Les quarante minutes s’enchaînent sans temps mort avec une musique moins rêveuse qu’à l’accoutumée, l’album ne comportant qu’un seul morceau pouvant réellement s’apparenter à une ballade (et encore, quelle ballade !). On sent que l’inspiration acoustique a davantage nourri le dernier effort solo de Soord et que ce dernier s'est recentré sur des éléments plus percutants pour cet album. Corollaire de ce précédent point, Gavin Harrison est particulièrement étincelant, la production magnifiant chaque toucher de cymbales, tandis que les roulements de fûts amenant les breaks musclés sont un pur délice. Le batteur britannique apporte une vraie musicalité à l'ensemble des titres, son jeu de percussions tout en subtilité nourrissant la légèreté des sections planantes du délicat morceau introductif "Put it Right" tandis que sa frappe lourde porte à merveille la rythmique maths rock saccadée de l'excellent "Rubicon". Jon Sykes claque quant à lui certaines de ses plus belles lignes de basse à l'instar de la partition remuante de "Every Trace of Us" et ses riffs en trompe-l’œil qui confèrent au morceau un réel sentiment d'urgence et d’inquiétude. Section rythmique au cordeau, donc, et un Steve Kitch également très inspiré qui distille ci et là des textures riches de petites trouvailles électroniques ou d'épaisses nappes de claviers, en particulier pour nourrir le pont de "The Frost", doté d'une ambiance glaciale, tellurique et oppressante.


Côté compositions, la patte du voleur d'ananas est immédiatement reconnaissable avec des titres globalement mélancoliques et des mélodies très accessibles portées par la voix rêveuse et élégiaque de Bruce Soord. Ce sentiment de "déjà-vu" que certains auditeurs déploreront certainement cache pourtant de réelles surprises avec un "All That's Left", qui oscille entre couleurs de synthés popisantes, riffs heavy et hurlements de guitare stridents. Mêmes sonorités inhabituelles sur le morceau suivant, "Now it's Yours", qui s'apparente à une excuse devant le gâchis laissé par les générations précédentes et dont la mélopée douce-amère résonne comme un slow de fin du monde. On y entend d'ailleurs le tonnerre gronder lorsque les amplis se mettent finalement à cracher leur fureur saturée.


Moins progressif dans son ambition, It Leads to This n'en est pas pour autant simpliste ou formaté et démontre une science de la composition à toute épreuve, offrant de vrais moments de bravoure lorsque les riffs se font plus charnus et les refrains terriblement accrocheurs. Le morceau titre est de ce point de vue une indéniable réussite. Construit autour d'un simple gimmick de guitare, le titre fourmille de détails sonores et possède une puissance mélodique qui nous souffle sur les refrains jusqu'à la dernière partie du morceau, profondément addictive. Dommage que le groupe n'ait pas poussé plus loin la progression instrumentale avec un titre qui s'arrête brusquement et qui laisse un potentiel énorme finalement inexploré. L'album se referme sur un autre petit joyau, ballade sensible aux arpèges acoustiques finement ciselés, où Bruce Soord démontre qu'il a le sens de la formule "remembering's not easy, But to forget is impossible". Le natif de Yeovil y évoque ces fantômes bien connus de notre existence, souvenirs douloureux, proches disparus et autres rêves abandonnés qui se brisent comme autant d'échos lointains sur les lignes tantôt délicates, tantôt rageuses de ce magnifique morceau conclusif.


Soyons honnêtes, on pourra trouver des défauts à ce 14ème album, notamment la répétitivité du riff central (par ailleurs plaisant) de "The Frost" ou des sonorités de guitares parfois trop criardes sur les soli qui ont par le passé su être plus chatoyants, techniques et mélodieux. Ces quelques réserves sont cependant vite balayées devant le nouveau coup de maître de Bruce Soord et de sa bande, qui vient nourrir une discographie à nos yeux exempte de faux pas (oui, nous assumons même Magnolia et Versions of the Truth). Une raison de plus de dire que The Pineapple Thief est un des groupes de rock progressif/alternatif les plus importants de ces vingt dernières années. Si vous ne connaissiez pas ce groupe et que vous rentrez dans l'univers du voleur d'ananas par cet album, vous n’imaginez même pas la claque que vous allez vous prendre ! On vous conseille en priorité Variations on a Dream et Your Wilderness, mais tout est chroniqué sur Albumrock, alors laissez vous accompagner dans votre découverte...


Ps : il y a un peu plus d'un an, alors lecteur assidu du site, mon désaccord avec la note attribuée sur l'album Versions of the Truth m'avait finalement décidé à sauter le pas et à postuler pour rejoindre la rédaction. Si vous êtes en désaccord avec cette chronique de It Leads to This, n'hésitez pas à le faire savoir en commentaire, et qui sait, pourquoi ne pas postuler chez Albumrock ? 



Commentaires
diane, le 11/02/2024 à 10:07
magnifique album de bout en bout et d ecoute en ecoute TPT nous livre là tout simplement une de ses plus belle realisation on y trouve aussi bien du FLOYD que du .TREE avec une sensibilite particuliere et une identite qui lui est propre la messe est dite tres serieux postulant au titre de disque de l annee