↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Devin Townsend


Lightwork


(04/11/2022 - InsideOut Music - Progressif barré - Genre : Rock)
Produit par Devin Townsend, Garth Richardson

1- Moonpeople / 2- Lightworker / 3- Equinox / 4- Call of the Void / 5- Heartbreaker / 6- Dimensions / 7- Celestial Signals / 8- Heavy Burden / 9- Vacation / 10- Children of God
Note de 3.5/5
Vous aussi, notez cet album ! (12 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 4.0/5 pour cet album
"Devin Townsend confirme de manière admirable qu’il peut convenir à un plus large public sans pour autant se dénaturer"
Franck, le 30/12/2022
( mots)

Il arrive parfois de passer complètement à côté d’une discographie - aussi qualitative soit elle - à cause de certains a priori ou simplement par peur de ne pas être de taille face à l’œuvre en question. Des artistes ou groupes comme Frank Zappa, Alice Cooper, The Flaming LipsThe Mars Volta ou encore King Gizzard And The Lizard Wizard peuvent clairement générer cette appréhension, tant les répertoires respectifs s’avèrent denses, éclectiques et parfois hermétiques. Tout aussi adulé que redouté par les mélomanes, Devin Townsend s’assimile facilement à cette catégorie. Créateur de génie pour les uns, artiste pompeux et prétentieux pour d’autres, une chose est sûre : le multi-instrumentiste canadien laisse rarement indifférent ! Tout le monde s’accordera néanmoins sur la description d’un homme passionné et talentueux, armé d’un perfectionnisme forçant le respect, mais aussi d’un second degré particulièrement affuté. Devin Townsend fait surtout partie de ces irréductibles prônant une indépendance artistique la plus totale, quitte à se détourner de la notoriété*. Une liberté lui permettant de multiplier les projets depuis ses débuts en 1993 (Strapping Young Lad, The Devin Townsend Band, puis Devin Townsend Project)**, mais aussi de s’émanciper de toute frontière stylistique, navigant au gré de son inspiration à travers de nombreux courants musicaux (death metal, heavy metal, progressif, punk, electro, pop, opéra-rock, ambient…).


Vous l’aurez compris : Devin Townsend fait ce qu’il veut, quand il veut et avec qui il veut ! Il serait donc vain d’entreprendre une quelconque revue chronologique de la discographie d’un tel phénomène, tant celle-ci s’avère décousue et spontanée. Partant de ce postulat, il devient opportun d’aborder chaque création de manière unique et décorrélée de ses prédécesseurs. Ainsi, pourquoi ne pas (re)tenter l’expérience avec ce nouvel opus sorti en 2022 ? Outre le fait de lire la toute première chronique de Devin Townsend sur Albumrock (il n’est jamais trop tard), vous pourriez vous surprendre à revoir complètement votre jugement et découvrir un artiste plus abordable que sa réputation ne laisse l’entrevoir. Lightwork est en effet une des créations les plus accessibles du grand chauve ; un album capable de séduire l’auditeur en quelques tours de pistes seulement. Il s’agit surtout d’une véritable invitation au lâcher-prise : en gardien du phare, Devin nous indique le chemin à suivre à travers une première partie d’album légère et épurée déployant tout son potentiel mélodique. 


Au rang des belles réussites, le morceau "Moonpeople" se charge d’installer une ambiance intimiste et lumineuse avec sa rythmique régulière et ses petits arrangements électroniques, laissant le temps à la section instrumentale de s’étoffer jusqu’à laisser échapper ses premiers riffs métalliques. Plus grandiloquant, le titre "Lightworker" est l’occasion pour Devin de montrer toute l’étendue de sa palette vocale. Alternant avec aisance entre vibrato et chant plus abrasif, le chanteur canadien se montre particulièrement touchant dans son interprétation, évitant la surenchère qui peut parfois lui être reprochée. L’apparente simplicité des morceaux dévoile progressivement toutes ses richesses (une écoute au casque permettra de distinguer bon nombre de détails, dont les très beaux chœurs d’Anneke van Giersbergen) tout en dégageant une sensibilité pure et authentique, à l’image du séduisant "Call of the Void" qui rappellera par moment la pop soyeuse de Tears For Fears ou encore les envolées rêveuses de Slowdive.


Si certains pourront reprocher l’aspect un peu trop sage de ce début d’album, on retrouve très vite toute l’audace du génie canadien : "Heartbreaker" revient ainsi à une approche plus théâtrale et incisive, quand "Dimensions" nous désarçonne avec sa structure imprévisible, sa rythmique épileptique dopée à l’électro-rock et son solo de guitare enflammé. Il y a clairement de quoi rester dubitatif face à une telle débauche d’énergie, mais force est de constater qu’en proportion raisonnable, cette folie créative se montre plutôt revigorante. Finalement, la grande réussite de ce nouveau cru n’est-il pas d’avoir su trouver le bon équilibre ? Fait assez rare pour être souligné, Devin Townsend a souhaité se faire accompagner d’un producteur en la personne de Garth Richardson pour la conception de Lightwork. Il faut croire que cette collaboration aura permis de canaliser une certaine fougue et d’exploiter au mieux les excentricités de l’artiste canadien. Parfaitement exécuté, un titre comme "Heavy Burden" évite ainsi la caricature (voire le mauvais goût) avec son association improbable de pop, rock progressif et chant d’enfants, et parvient - contre toute attente - à se hisser parmi les moments les plus mémorables de l’album. La fin du disque joue quant à elle la carte de la sobriété, avec la petite ballade acoustique "Vacation" et le plus expérimental "Children of God", concluant sur le son apaisant des vagues sur le rivage.


Plus condensé et plus direct, Lightwork constitue une porte d’entrée idéale vers l’œuvre de Devin Townsend. S’il ne garantit en rien votre adhésion au reste de sa discographie, ce nouvel opus dispose en revanche de tous les ingrédients pour marquer les esprits sur la durée : des mélodies imparables, une orchestration sobre et raffinée, une production aux petits oignons, le tout servi avec un soupçon de folie typiquement townsendien ! Il est impossible de prédire ce que nous réserve le génie canadien pour la suite. Pour ce qui est du présent, le phare de Lightwork se pose comme un des points culminants de cette année 2022.


 


* l’amenant notamment à refuser un poste de chanteur au sein des Judas Priest (suite au départ de Rob Halford en 1992).


** En parallèle de sa carrière solo, Devin Townsend a pu gérer différents projets collectifs : Strapping Young Lad (de 1995 à 2006) , The Devin Townsend Band (de 2003 à 2006) et le Devin Townsend Project (depuis 2009).


 


A écouter : "Lightworker", "Call of the Void", "Celestial Signals"

Commentaires
Etienne, le 11/01/2023 à 13:53
Je respecte l'avis énoncé dans la chronique mais pour m part, j'ai trouvé ce disque hautement indigeste. Le son est épouvantablement surproduit et ce qui faisait le charme malicieux des dernières productions de Devin s'est totalement évaporé. En (trop ?) vieux amateur du canadien, plutôt qu'une porte d'entrée, Lightwork est une porte de sortie en ce qui me concerne...