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Critique d'album

Black Country, New Road


Live at Bush Hall


(24/03/2023 - Ninja Tune - Post-Rock, Post-Punk - Genre : Rock)
Produit par

1- Up Song / 2- The Boy / 3- I Won't Always Love You / 4- Across the Pond Friend / 5- Laughing Song / 6- The Wrong Trousers / 7- Turbines / Pigs / 8- Dancers / 9- Up Song (Reprise)
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un éclatant aperçu du renouveau des Black Country, New Road."
Mathieu, le 12/04/2023
( mots)

Nous encaissions il y a un peu plus d’un an et avec la boule au ventre, la séparation des Black Country, New Road avec leur remarquable vocaliste Isaac Wood. Dépit d’autant plus prononcé suite à la découverte dans la foulée d’un second album de haute volée, Ants From Up Here, qui n’aura malheureusement pas pu laisser éclater tout son potentiel baroque sur les planches internationales. Nous mettions dès lors en cause la viabilité de ce projet, amputé de l’un de ses atouts majeurs : la voix de ténor magistrale d’un chanteur en pleine maitrise d’une éloquence irrésistible.


Ce n’était sans compter sur la ténacité des 6 membres restants, conscients de la graine plantée dans le paysage indie rock mondial et bien décidés à ne pas laisser mourir à petit feu leur collectif. C’est ainsi, expériences scéniques et artistiques dans leur sillage, que le groupe amorça sans plus attendre une nouvelle tournée internationale. Echauffement à domicile, tournée des festivals européens et trip américain, le pari semblait risqué, sur le papier tout du moins, d’autant plus que les setlists proposées se voyaient intégralement composées de titres inédits, en adéquation avec cette nouvelle ère. Les quelques extraits vidéos diffusés sur toile laissaient entrevoir un univers quelque peu remanié, sans tout de même délaisser l’atmosphère art-rock baroque introduite sur leur deuxième opus cité plus haut. Le groupe assurait dès lors avoir engrangé suffisamment de contenu pour publier à nouveau, sans toutefois être décidés de la forme qu'allait prendre cette nouvelle offrande.


L’album live sera finalement choisi pour dévoiler de manière plus officielle ce répertoire nouvelle génération, rodé et poli sur scène aux quatre coins du globe. Capté sur deux jours juste avant le réveillon 2022 au Bush Hall de Londres, à domicile donc et devant un public fidèle et très certainement habitués à la compagnie du groupe, la prestation a dans un premier temps été publiée uniquement au format vidéo. Il aura finalement fallu patienter encore une poignée de semaines pour découvrir ces nouveaux titres d’une manière un peu plus formelle, sur album donc, favorisant une écoute bien plus assidue.


D’un point de vue totalement personnel, n’étant pas grand amateur de captations live, le choix d’y proposer en plus un panachage intégral de nouvelles pièces m’a laissé un tantinet sur la réserve. En sautant tout de même le pas (il ne s’agit pas de n’importe quel groupe !), cette appréhension s’est vite dissipée. Il n’aura fallu que quelques secondes et les premiers coups de basse de "Up Song", rejoignant cette ligne de sax hypnotique, pour laisser place à certaine forme d’excitation. En effet, nous renouons bien là avec l’essence d’un Black Country, New Road organique, piano, saxophone et violon étincelants au premier plan et un refrain repris en chœur, renforçant d’autant plus cet air de retrouvailles.


C’est Tyler Hyde que l’on retrouve à la tâche derrière le micro, menant avec conviction le désormais sextet sur cette ouverture pétillante et accrocheuse. Le lead principal se verra finalement partagé entre trois membres du groupe, mais la bassiste, qui se retrouve sur l’avant-scène le plus souvent, semble bien être la plus à l’aise. En effet, "Across The Pond Friend" et "The Wrong Trousers" tout deux interprétés par Lewis Ewans laissent apparaitre une certaine fragilité avec chant un poil en retrait, la voix vacillante de notre saxophoniste/flutiste peinant par moments à s’imposer. La pianiste May Kershaw assure quant à elle les passages les plus narratifs, et s’en sort de son côté avec les honneurs, la délicatesse et la timidité de sa voix se muant en véritable atout. Amputés de la fantaisie du ton théâtral de Wood, le fil est ici tressé atour d'arrangements expressifs, jouant avec les ambiances. "The Boy", scindé en trois scènes distinctes et contant les mésaventures d’un rouge-gorge se pose comme véritable une fable enfantine tandis que le délicieux piano-voix qui introduit le sommet "Turbine/Pigs", progressivement rejoint par flute et violon, flirte avec la douceur du coton. Son tempo mouvant débouchera finalement sur un tourbillon symphonique grandiose. Du haut de ses 10 minutes, ce titre semble finalement être celui portant le plus avec lui l’héritage de l’ère Wood (sûrement l’effet du rubato) et nous rappelle une nouvelle fois le talent de ce jeune collectif et leur capacité à exécuter avec brio ces pièces flottantes.


En effet, la maturité artistique de nos six musiciens n’est plus à prouver et ce disque confirme que l’essence des BCNR se trouve véritablement sous le feu des projecteurs, en communion avec un public sensibles aux grisantes cassures toniques et rythmiques. La progression de "I Won’t Always Love You" ne vous laissera, tout comme la foule, pas de marbre à 1:55 (merci au guitariste Luke Mark), à l’instar des envolées saxophoniques de "Dancers", Ewans définitivement plus à l’aise derrière un bec qu’au lead. Notre voyage s’achèvera finalement sur une délicate et dramatique reprise du thème introductif ("Up Song (reprise)"), preuve d’une setlist peaufinée avec finesse.


Malgré les doutes émis envers le choix du format live et bien que la retranscription se voit inévitablement chargée de quelques aléas naturels (prise de son, mixage), le talent et l’expression musicale de nos 6 anglais aurons eu raison de tout apriori. Avec le recul, ce disque prend une place de choix dans la continuité du parcours d’un groupe de talent, laissant définitivement derrière soit le post-punk frontal des débuts pour embrasser pleinement cette nouvelle identité art-rock. Bien que le fantôme de Wood plane encore par moments, notamment au niveau de quelque mimiques vocales, l’avenir est tout tracé pour les Black Country, New Road, assurément pas à cours d’idées, d’autres titres exclusifs ayant fait leurs apparitions dans les setlists les plus récentes. A suivre, en espérant tout de même un album studio en bonne et due forme dans un futur (très) proche.


 


A écouter : "Up Song", "Turbines/Pigs", "Dancers"

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