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Compte-rendu de concert

Structures


Date : 11/06/2021
Salle : Aéronef (Lille)
Première partie : Serpent

Dedans / dehors

Mathilde, le 27/06/2021
( mots)

C'est un peu désorientés qu'on gravit les marches de l'Aéronef ce soir après des mois (ou des années ?) de privation d'escalade vers cette salle en l'air, et de concerts en général. 200 personnes, une scène centrale (un genre de piste de cirque, une piste de décollage ou un ring, à voir) les gens autour, les portes ouvertes. Et ça souffle un peu du coup, comme on est en haut. On nous demande de garder notre place et de ne pas nous lever pendant le set. Ambiance sympathique mais, et c'est normal, aussi sur la réserve polie façon rentrée des classes. Pour le moment.

 

Lescop (aka Mathieu Peudupin) ou son sosie, ah non c'est bien lui, débarque avec ses musiciens bigarrés. Car il y a un thème chemises colorées et régressives dans le groupe Serpents (formation anglophone du Rochelais) comme pour chasser d'autant plus la lourdeur des mois précédents. "Est ce que vous êtes contents ?" lâche le chanteur, eh ben écoute en tous cas pour l'instant on est pas déçus d'être là. Basse funk louvoyante, batterie bulle-gum (chemise Disneyland, ça ment pas), gratte atmosphérique pour l'une, plus vengeresse pour l'autre, la formation ne cherche pas l'austérité de la Cold Wave mais bien le Post-Funk, comme ils l'appellent.

Ne serait ce pas Gotainer qui aurait avalé Pulp ("Waiting In The Park")? Mais des fois remonté par du Run DMC. Bien placés derrière la batterie (meilleure place en fait), avec vue sur les pédales d'effet, se déroule un vis à vis enthousiaste, car les différents membres sont en rond et donc se regardent. "Lonely Freak" est faussement creepy avec un Lescop (puisqu'on a apparemment décidé de garder ici ce nom) qui couve ses comparses derrière son regard perçant.

Des fois ça va chercher un côté punk façon The Orwells et l'ambiance se déride dans les gradins qui sont composés d'un panel de tous âges avec une tendance bien jeune (Mutine et 20 ans comme les magazines). Par contre pour les retardataires, après l'heure c'est plus l'heure, on ne rentre plus. "Vous avez envie de danser, ah ben non vous pouvez pas ! " plaisante le chanteur. Le titre "Lovehate" est épelé, scandé puis crié par le groupe. Lescop suspend, désuspend le son, la tendance est à l'amusement. On est à un cirque stylé (bouteille isotherme panthère à l'appui), en piste et pour rire quoi. Et vu de quoi on sort, ça ne mange pas de pin, pour le jeu de mot. 

Des bouteilles écolos, on passe aux Jupis et au sérum phy (pour le batteur). Le phénomène amiénois Structures se met en place. Une voix d'aéroport indique la marche (à continuer) à suivre. Structures est un des (plutôt nombreux) espoirs rock français actuels, passionnants avec leur air de venir tout droit de Manchester, leurs différents looks capillaires étudiés, et leur post-punk tout aussi érudit. Des chaines, de la rébellion oui, mais une intelligence et un recul aussi qu'on retrouve entre autres chez le groupe canadien Preoccupation (anciennement Viet Cong). Leur album Long Life sorti en 2018 tutoie le post-punk des Fountains DC ou de Lysistrata, et on est bien satisfaits de les compter dans notre hexagone.

Tout juste passés à La Boule Noire à Paris, ils reviennent dans leur région Hauts de France pour en découdre. "Rough Wave" - le titre et le nom auto-attribué à leur style de musique- déferle sur l'Aéro et toute la puissance brute de ce dérivé donc de Cold Wave s'installe sans tarder, salvatrice. "We are Structures et we come from nowhere! "(c'est à dire de la Somme, bien que l'Aisne à côté n'est pas en reste niveau nulle part). Maintenant on est carrément sur une piste de décollage avec son éclairage au sol plus rasant. Une piste où les musiciens sont espacés et distincts, dans un genre d'individualité coupée du public...

Mais cette barrière tend à tomber rapidement car "Long Life" émerge au troisième titre avec ses synthés frigorifiés qui font entrer le concert dans le vif du sujet. C'est collectif et comme privatif en même temps, ce set up. "Sorry I Know It's Late But" décalé, ironique (super clip), et tout en jeté de baguettes éclate, porté par son tempo enlevé. Avec "Robbery" il présage d'un nouvel album qui s'appellera How Does It Feel? (et à propos duquel on n'a pas plus d'informations pour le moment). Et tout ça bien rythmé par les projecteurs qui tantôt délimitent la scène (façon barreaux de prison), puis d'autres fois éclairent les spectateurs. "Vous êtes tous beaux !" lance le chanteur à des demi-visages certainement souriants en dessous.

Bien vite le public se lève. On croit entendre Curtis sur l'arabisant "Arabian Knights Club" et on pense bien sûr à Interpol sur "Satellite", grave et binaire. Les codes du post-punk sont digérés avec ses paroles et thématiques peu réjouissantes, la recette est connue par coeur. Finalement le frontman tombera la chemise, en dessous de laquelle on remarque le même tatouage que son pote guitare/clavier (un genre de cigarette/bouquet de fleurs, OUI dans cette disposition de scène, on VOIT TOUT). Tour de piste final en sueur et hop rideau, sans rappel. Car quand même ça reste du punk.

 

Un concert aéré-aéro donc, dedans / dehors, avec l'air qui s'engouffre mais aussi avec une bouffée de liberté retrouvée. Le mouvement punk a pour but de créer son propre "soi" et ce soir Structures a défendu/défini son genre, Lescop s'est réinventé et Lille a soufflé (de soulagement). "Merci putain !" est le mot de la fin. Ce soir on sortait vraiment tous de nowhere. Et on attend pas un an et demi pour remettre ça.

 

Setlist de Serpent:

- Don't Waste My Time

- Waiting In The Park

- Dysfunction

- Lonely Freak

- Nothing

- Dumb

- Love Hate

- Distant Call

 

 Setlist de Structures:

- Load (?)

- Rough Wave

- Long Life

- Sorry I Know It's late But

- Satellite

- Dangers

- Immortals

- Hi

- Embassy

- Arabian Knights Club

- Silent

- Robbery

 

 

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